Est-ce le début des règlements de comptes au sein du RND ? C'est le cas si l'on prend en compte le dernier communiqué rendu public par le parti dirigé "provisoirement" par Azzedine Mihoubi. En effet, quatre hauts responsables du parti sont convoqués par la commission de discipline.

"Sur demande du secrétaire général par intérim pour examiner des cas d'indiscipline, la commission nationale de discipline s'est réunie le 22 décembre au siège national du parti" indique le communiqué du RND. Ce dernier cite les quatre membres du Conseil national concernés par la demande de Mihoubi, en l'occurrence Seddik Chihab, ancien bras droit d'Ahmed Ouyahia, devenu son pire ennemi depuis le début du Hirak, mais aussi Hakim Berri, Lyes Berchiche et Amira Salim.

Des cas d'indiscipline au RND

"Après un débat autour des dossiers fournis, accompagnés de preuves et des décisions de la suspension des concernés, la commission de discipline a décidé de les convoquer dans les délais prévus par la réglementation, pour qu'ils répondent aux accusations portées à leur encontre" précise aussi le communiqué.

Le texte du RND n'a pas précisé la nature des actes d'indiscipline dont sont accusés les quatre membres du Conseil national du parti. Mais d'aucuns pensent que cela concerne l'attitude de certains cadres de leur parti lors de la campagne électorale pour la présidentielle du 12 décembre dernier.

Des règlements de comptes comme résultat de la présidentielle

Il s'agit en fait de cadres accusés de ne pas avoir soutenu le candidat du parti, en l'occurrence Azzedine Mihoubi. Pire encore, de nombreux militants dont ces quatre cadres ont roulé, selon les accusations, pour d'autres candidats lors de cette présidentielle controversée. Certains ont opté pour Abdelmadjid Tebboune, le candidat gagnant, présenté comme le candidat préféré de l'Armée, mais d'autres ont carrément choisi Ali Benflis.

Cela est donc suffisant pour croire que les règlements de compte ont commencé au sein de ce parti, membre de l'alliance présidentielle de Bouteflika. Et il est facile de deviner que cette "guerre fratricide" va être impitoyable entre les uns et les autres. D'autant plus que Mihoubi et ses soutiens ne sont pas prêts d'oublier le revers du 12 décembre, qui a classé le candidat du parti à l'avant-dernière place avec un taux, pas très honorable, de 7.26 %.