Le Président turc Recep Tayyip Erdogan a reçu, jeudi 2 janvier, le nouvel ambassadeur d’Algérie en Turquie, Mourad Adjabi, au palais présidentiel.

Le nouvel ambassadeur de l’Algérie auprès d’Ankara a remis ses lettres de créance au président Erdogan. Aucune autre information n’a filtré sur une quelconque discussion entre les deux hommes. En revanche, le timing de cette réception n’est point anodin, selon plusieurs observateurs. En effet, l’officialisation de la prise de fonction de Mourad Adjabi à la tête de la représentation diplomatique de l’Algérie en Turquie intervient dans une conjoncture politique, très particulière.

Vers une crise diplomatique entre l’Algérie et la Turquie  

Le conflit libyen, entre le gouvernement de Tripoli de Fayez Al Sarraj à l’Ouest, et les forces du maréchal Haftar à l’Est, attise depuis quelques semaines, la tension entre Alger et Ankara.

La Turquie a décidé d’envoyer des troupes aux côtés de l’armée de Tripoli. En revanche, l’Algérie a réaffirmé hier, à travers son ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum, son refus de toute forme d’intervention étrangère près de ses frontières. « L’Algérie n’accepte aucune présence étrangère sur le sol du pays voisin, quel que soit le pays qui veut intervenir », a-t-il indiqué soulignant que « la langue de l’artillerie ne peut être la solution. Cette dernière réside dans un dialogue sérieux entre les belligérants avec l’aide des pays voisins, notamment l’Algérie ».

L’Algérie favorise une solution pacifique

Sabri Boukadoum a envoyé un message clair au président turc. Il explique que « l’Algérie va présenter des initiatives concrètes pour une sortie de crise dans les jours à venir ». Il précise que « la solution ne peut être envisagée que dans le cadre d’un dialogue interlibyen et que l’Algérie favorise une solution pacifique à cette crise ».

L'Algérie, première puissance militaire de la région du grand Maghreb, refuse d’être mise devant le fait accompli. Elle n'aurait pas été consultée par les Turcs ni par les Libyens. L'Armée algérienne qui n'a pas été consultée non plus s’inquiète de se retrouver entourée par deux armées étrangères sur ses frontières; l'armée française au sud, sur le territoire malien et éventuellement l'armée turque sur la frontière sud-est sur le territoire libyen.