Le fait notoire de la composante du premier gouvernement de Abdelmadjid Tebboune annoncée jeudi 2 janvier, est sans aucun doute, l’absence du poste politique de vice-ministre de la Défense nationale. Ahmed Gaïd Salah occupait ce poste depuis 2013, jusqu'à son décès le 23 décembre. En revanche, Abdelaziz Bouteflika était président de la République, chef suprême des armées et ministre de la défense.

Belaïd Mohand Oussaïd, ministre conseiller à la Communication et porte-parole de la Présidence de la République algérienne a annoncé dans la soirée de jeudi 2 janvier, la composte du nouveau gouvernement nommé par Abdelmadjid Tebboune et dirigé par Abdelaziz Djerrad. La liste des nouveaux membres de gouvernement n’a pas comporté le poste du vice-ministre de la Défense nationale qui revient traditionnellement, au chef d’état-major de l'Armée en Algérie.    

Bras de fer ou commun accord entre l'armée et Tebboune ?

Si des sources d’Observ’Algérie affirment que Abdelmadjid Tebboune a décidé d’un commun accord avec le chef d’état-major de l’armée par intérim, Saïd Chengriha, de supprimer ce poste clé du système algérien, d'autres sources parlent d'un désaccord sur ce détail jusqu'aux dernières minutes qui ont précédé l'annonce de la composition du gouvernement.

En effet, l'annonce du gouvernement dévoilée jeudi par la télévision publique, était annoncée en premier lieu à 19 heures. Mais elle n'a eu lieu qu'après plusieurs dizaines de minutes. Le porte-parole du président de la République avait des difficultés à lire le texte alors qu'il est un parfait arabophone. Notre source suggère que le texte a été changé à la dernière minute sous la pression du haut commandement de l'armée.

Même Abdelmadjid Tebboune n'a pas été annoncé ministre de la défense

Traditionnellement, le poste de ministre de la défense nationale est annoncé dans la composition du gouvernement, même quand il est réservé au président de la République. Le poste de vice-ministre de la défense est ensuite annoncé pour le chef d'état-major.

Jeudi, il n'y avait aucune mention de ce poste dans l'annonce du nouveau gouvernement. Saïd Chengriha reste chef d'état-major par intérim de l'ANP et le portefeuille du ministère de la défense vacant. Abdelmadjid Tebboune est par contre le chef suprême des armées

Nous citons les deux informations que nous détenons pour laisser nos lecteurs se faire leur propre analyse :

1. Tentative de nommer un ministre civil pour la défense nationale ?

Si l'on croit à la thèse suggérant que Abdelmadjid Tebboune voulait soustraire les militaires de la gestion du ministère de la défense en la confiant à un civil ou au moins à un militaire en retraite, la question sur les rapports entre la présidence et le haut commandement de l'armée devient insistante.

Si ce même haut commandement de l'armée a pu changer la composition du gouvernement à la dernière minute, Abdelmadjid Tebboune a pu également camper sur ses positions en refusant de nommer le nouveau chef d'état-major comme vice-ministre de la défense. Il a concédé, néanmoins, de laisser le poste vacant et en instance.

2. Saïd Chengriha refuse le poste de vice-ministre de la Défense nationale ?

D'autres sources affirment toute une autre version des faits : le nouveau chef d’état-major de l’ANP, Saïd Chengriha aurait refusé de faire partie du nouveau gouvernement dirigé par Abdelaziz Djerad. Il aurait fait savoir à Tebboune qu’il préférerait s’occuper des affaires militaires de l’armée et de ses troupes. Le successeur de Ahmed Gaïd Salah sera donc dépourvu du poste politique de vice-ministre de la Défense exercée pleinement par son prédécesseur Gaïd Salah, pendant les neuf mois du Hirak (Mouvement contestataire en Algérie).

En revanche, et selon les mêmes sources, Saïd Changriha nommé par intérim en remplacement de Ahmed Gaïd Salah, sera dans une prochaine étape confirmé au poste de chef d'état-major. Pour plusieurs observateurs de la scène politique algérienne, cette décision vise surtout à conforter la position de Abdelmadjid Tebboune dans son poste de président de la République, dont l’élection à la fonction suprême le 12 décembre dernier, ne passe toujours pas auprès de la rue.

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Annonce du gouvernement Algérien Djerad I