La question du jeûne du mois de ramadan en ces temps de pandémie mondiale du coronavirus continue à susciter le débat. Loin des insultes et des menaces dont se rendent coupables certains écervelés, des érudits apportent leur témoignage sur cette question cruciale pour plus d'un milliard de musulmans dans le monde.

C'est ainsi que selon Cheikh Ali Djemâa, Grand mufti de l'université Al Azhar, s'est prononcé sur la question sans ambages. Il a quasiment invité les religieux à se taire. L'avis sur le jeûne du ramadan en ces temps de Covid-19 "revient aux médecins, et nous devons tous nous soumettre à leur jugement", a affirmé Ali Djemâa, membre du Conseil des Grands Erudits de l'université Al Azhar d'Egypte.

Cette assertion de Ali Djemâa vient après le Comité international de la fatwa de la même université a émis un avis, au début du mois d'avril, après que la propagation de l'idée de devoir maintenir la gorge humide pour prévenir le coronavirus. et celle qui affirme que le jeûne est susceptible d'affecter l'immunité de l'être humain.

Un grand Mufti recadre une instance d'Al Azhar sur le jeûne du ramadan

Cette instance d'Al Azhar a estimé qu'il n'était pas "permis à un musulman de rompre son jeûne pendant le Ramadhan, à moins que les médecins décident et prouvent scientifiquement que le jeûne le rendra vulnérable par le coronavirus à l’infection et à la mort. Ce qui n’est pas encore prouvé scientifiquement".

Cependant, ce n'est pas l'avis du Dr. Adnan Ishak, responsable au ministère jordanien de la santé. Ce dernier estime que le jeûne du mois de carême n'affecte pas l'immunité. Ce qui rejoint les dires de certains religieux, notamment les plus rigoristes, qui ne veulent pas entendre parler d'annulation du jeûne à cause du coronavirus. Mais le responsable jordanien précise que "ce qui affecte l'immunité, ce sont les maladies chroniques, le vieillissement et l'usage de certains médicaments".

Le jeûne du ramadan suscite le débat en ces temps de coronavirus

Comme cela était attendu, la question du jeûne du mois de ramadan en ces temps de Covid-19 continuera à susciter le débat dans les sociétés musulmanes. Et ce, en attendant que les scientifiques du monde entier trouvent un vaccin ou une solution durable à cette pandémie meurtrière.

Le mois de ramadan débutera le 24 ou le 25 avril 2020 et les musulmans ne savent toujours pas s'ils peuvent jeûner sans risque. Pour eux, mais surtout pour leurs proches vulnérables, parmi les personnes âgées et les malades chroniques. Ils savent de toute façon que quelle que soit la décision prise dans ce sens, le ramadan de cette année sera différent des précédents. Irrémédiablement.

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