Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a appelé, ce lundi 4 mai, le Conseil de sécurité des Nations unies à intervenir pour l’arrêt des hostilités à travers le monde.  Il cite notamment les conflits en Libye, en Palestine, mais aussi au Sahara occidental. Un appel qui a été très mal reçu au Maroc. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères a tout de suite réagi, regrettant que malgré les circonstances exceptionnelles actuelles « un pays voisin » continue d’alimenter « le séparatisme », et ce, en violation des principes fondateurs du Mouvement.

Lors de son allocution prononcée devant les participants au Sommet virtuel des chefs d'Etat et de gouvernement du Mouvement des pays non-alignés, Abdelmadjid Tebboune a appelé à l’arrêt des conflits notamment en Libye, dans les territoires occupés en Palestine et au Sahara occidental.

« Depuis cette tribune, je lance un appel au Conseil de sécurité des Nations unies pour se réunir, dans les plus brefs délais, et adopter une résolution appelant solennellement à l’arrêt immédiat de toutes les hostilités à travers le monde, notamment en Libye, sans omettre les territoires occupés en Palestine et au Sahara occidental », a indiqué le Président algérien.

Tebboune envoie un message codé aux Marocains

Abdelmadjid Tebboune n’a pas raté l’occasion de ce sommet pour envoyer un nouveau message au voisin marocain. L’Algérie soutiendra toujours une solution de la question du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, au conseil de sécurité de l’ONU. Tebboune veut rappeler le droit inaliénable du peuple du Sahara occidental à l'autodétermination et à l'indépendance conformément aux résolutions pertinentes de l'Assemblée générale et du Conseil de sécurité.

À lire aussi :  France : Une Secrétaire d’Etat rend hommage aux harkis

L’Algérie  veut relancer le processus de décolonisation du Sahara occidental au niveau de l’ONU qui bute toujours sur des entraves dressées par le Maroc soutenu par ses alliés. Ces derniers font tout pour que la question du Sahara occidental ne soit pas réglée. D’ailleurs,  le processus de décolonisation connaît présentement une « paralysie totale ».

Le Maroc réagit et accuse l’Algérie

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des marocains résidant à l’étranger, n’a pas tardé à réagir. Quelques minutes après l’allocation d’Abdelmadjid Tebboune, le diplomate marocain s’est attaqué au gouvernement algérien l’accusant de « détournement de ressources »  pour « alimenter la déstabilisation régionale »

Nasser Bourita a profité de son passage à la réunion virtuelle du Sommet du Mouvement des Non Alignés, pour fustiger « Ce pays au lieu d’utiliser ses ressources pour améliorer la situation précaire de sa population dans le contexte de la pandémie du Covid 19, les détourne pour alimenter la déstabilisation régionale » a-t-il déclaré.

Le ministre marocain a indiqué que malgré les circonstances exceptionnelles actuelles « un pays voisin » continue d’alimenter « le séparatisme », et ce, en violation des principes fondateurs du Mouvement.

L’Algérie soutient une solution dans le cadre des résolutions du conseil de sécurité

L’appel du président algérien n’est pas sans contexte. Un projet de résolution qui devait être voté à l’ONU la semaine dernière, est toujours bloqué au conseil de la sécurité. Celui-ci vise à renforcer la coopération internationale dans la lutte contre la pandémie. Et de soutenir un appel du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à une cessation des hostilités dans une vingtaine de pays en conflit afin de faciliter le combat contre le Covid-19.

À lire aussi :  Projet de loi sur l’immigration d’Emmanuel Macron : Tout ce qu’il faut savoir

Il faut dire que le conflit au Sahara occidental a toujours été au centre des tensions entre l’Algérie et le Maroc. Le mois dernier, le royaume chérifien a vivement critiqué, à travers son agence officielle (MAP), la position de l’Algérie et ses «gesticulations» lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité tenue le jeudi 9 avril et consacrée à l’examen de la question du Sahara.

Les dirigeants marocains n’ont jamais, digéré l’activisme de la diplomatie algérienne au niveau du conseil de sécurité de l’ONU. « Si l’Algérie souhaite se montrer à la hauteur du rôle que lui assigne la résolution 2494 du Conseil de Sécurité, elle devra mobiliser son activisme pour renforcer son engagement dans le processus des Tables rondes, de manière constructive et en faisant preuve de réalisme et de compromis, jusqu’à son aboutissement, » a indiqué l’agence officielle marocaine.

De son côté, l’Algérie s’aligne sur les résolutions de l’ONU qui œuvrent pour « un processus renouvelé de négociations en vue de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara occidental. » Alors que le Maroc tente désespérément d’imposer un processus dit « des tables rondes » qui a déjà réuni en décembre 2018 et en mars 2019 à Genève le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie, et le  polisario.

À lire aussi :  France : Gérald Darmanin annonce un durcissement du droit d’asile