Le Maroc va construire une importante base militaire dans la province de Jerada à un kilomètre de la frontière avec l’Algérie. Cette nouvelle base servira à une meilleure surveillance des frontières terrestres entre les deux pays, fermées depuis 1994. Le décret d'expropriation du terrain de plus de 23 hectares destiné à la réalisation de cette infrastructure militaire a été publié dans le Bulletin officiel, du 21 mai.

C’est le premier grand pas du Maroc dans la réalisation de ce projet « stratégique », dédié principalement à la surveillance de cette partie de la frontière avec l’Algérie. La nouvelle base militaire sera érigée dans la forêt «  Ben Ali » relevant de la commune de Laaouinate, à un kilomètre de la frontière algérienne.

« Le chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, a émis un décret portant transfert d’un lot de terrain relevant du régime forestier au domaine privé de l’État en vue de la construction d’une base militaire dans la province de Jérada au profit des Forces armées royales », indique le décret numéro 6884 du Bulletin officiel marocain.

La construction de cette nouvelle base s’inscrit dans le cadre de la stratégie militaire mise en œuvre depuis 2014 par le Maroc pour blinder davantage sa frontière terrestre avec l’Algérie. Une clôture de 150 kilomètres a en effet été construite à la frontière entre les deux pays.

La drogue marocaine continue d’inonder les frontières algériennes

Les forces royales marocaines (FAR) continuent de déployer leur dispositif militaro-sécuritaire tout au long de la frontière algérienne. Ces larges territoires séparant les deux pays qui s’étalent sur près de 1941 kilomètres constituent des sentiers d’écoulement de toutes sortes de trafic et de contrebandes provenant du Maroc.

Depuis quelques années, les démantèlements des réseaux de kif traité se multiplient en Algérie et l’endiguement de ce fléau qui ronge la société n’est pas prêt à aboutir à l’éradication définitive. Entre 2010 et 2018, plus de 800 tonnes de résine de cannabis ont été saisies, selon les autorités algériennes.

Il faut dire que la culture de cette drogue est sous contrôle de puissants lobbies de l’autre côté de la frontière. Ces derniers mettent des moyens logistiques et humains, pour maintenir fleurissant ce marché qui représente une manne financière colossale.

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