Les services de renseignements américains sont-ils présents sur le territoire algérien ? Radio France international (RFI), proche de la diplomatie française, a jeté un pavé dans la mare dans son article sur l'élimination, mercredi 3 juin, du chef terroriste Abdelmalek Droukdel, dans une opération de l'armée française au Mali.

RFI estime, en effet, que la CIA dispose d'une base à Tamanrasset, dans l'extrême sud de l'Algérie. Dans un article dédié à l'élimination de l'ex-chef d'Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), le média français parle de la participation de l'armée américaine dans l'opération contre Droukdel.

Il reprend à ce titre un commentaire d'un responsable du Commandement des Etats-Unis pour l'Afrique, Africom, qui confirmait lundi 8 juin la mort de Droukdel et la participation de l'armée US à cette opération, notamment par le renseignement.

L'Algérie a-t-elle participé à l'élimination de Droukdel ?

Mieux encore, ils pensent que l'opération contre le chef terroriste est le fruit d'une coopération triangulaire entre l'Algérie, la France et les Etats-Unis. Une "source sécuritaire" assure même à RFI que ce sont les forces spéciales algériennes de Bordj Badji Mokhtar, à la frontière, qui auraient surveillé le convoi du chef terroriste puis informé la CIA basée à Tamanrasset, avant de passer le relais à la force française Barkhane.

RFI affirme que c'est "une information non confirmée à ce stade", mais elle est tout de même publiée. Le média s'est même demandé si l'opération menée par la France au Mali n'a pas été au cœur de l'entretien, la veille, entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron.

Donc, les trois questions restent posées. L'Algérie compte-t-elle une base de la CIA sur son sol ? L'Armée algérienne a-t-elle participé d'une manière ou d'une autre à l'opération qui a abouti à l'élimination du chef terroriste Abdelmalek Droukdel ? Les autorités algériennes avaient-elles permis à la France de mener cette opération ?

Le silence de l'Algérie

Mais RFI s'interroge sur le silence de l'Etat algérien sur l'élimination du chef terroriste. C'est vu comme un "embarras" de responsables algériens qui ne peuvent féliciter les Français d'avoir mené une opération militaire. C'est ce que pensent certains officiels de pays du Sahel, dont certains se sont dits surpris par le silence d'Alger.

En fait, certains de ces officiels pensent que le silence des autorités algériennes s'explique par leur participation à l'opération. Comment Droukdel aurait pu se déplacer de son fief en Kabylie vers le Mali sans que les responsables algériens ne le sachent ? se demandent certains interlocuteurs du média proche du Quai d'Orsay. Ils pensent que si la France a agi, c'est parce que l'Algérie l'a permis.

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