Certaines universités algériennes disposent d'une plateforme de biologie moléculaire dédiée, initialement, à la recherche scientifique. Cependant, depuis l'apparition de la Covid-19, plusieurs de ces laboratoires ont été convertis en unités de diagnostic de cette maladie. De nombreux spécialistes mettent en garde contre d'éventuelles dérives concernant la validation des résultats de dépistage du coronavirus. 

Le Dr Fawzi Derrar, directeur général de l'Institut Pasteur d'Algérie (IPA), s'est exprimé au sujet du diagnostic de la Covid-19. Pour ce spécialiste, l'examen de biologie médicale ne peut être validé que par un biologiste médical. Ainsi, il rappelle que le gouvernement a ordonné l'ouverture de tous les laboratoires de biologie pour le dépistage du coronavirus par PCR.

Pour l'Institut Pasteur, le diagnostic du coronavirus par les universités est une activité illégale qui pourrait avoir des conséquences graves. Le Pr Salima Bouzeghoub, chef de département à l'IPA, estime que le diagnostic du coronavirus est une activité médicale « qui doit se faire dans les structures hospitalières ». En outre, elle déclare que si les universités veulent aider dans le diagnostic, « il est plus judicieux de placer les moyens dont elles disposent dans les laboratoires des hôpitaux qui ont besoin d’être renforcés en moyens matériels ».

D'autres spécialistes mettent en garde

Le Pr Wahiba Amhis, présidente de la Société algérienne de biologie médicale, indique que les universités ne sont pas habilitées à diagnostiquer, ni à signer un examen de biologie. La spécialiste rappelle que le dépistage et le diagnostic de la Covid-19 relèvent d'un acte médical. Elle explique, par ailleurs, qu'il y a une interprétation médicale qui se fait, expliquant qu'un simple biologiste des universités « ne dispose pas de diplômes d'études médicales » pour pouvoir faire le diagnostic.

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Le Pr Kamel Djenouhat, président de la Société algérienne d'immunologie, partage le même avis. « Le diagnostic de la Covid et la validation des résultats des tests sont un acte médical », a-t-il déclaré au quotidien El Watan. Il explique que ce diagnostic relève de cinq spécialités biologiques, à savoir l'immunologie, la microbiologie, l'hémobiologie, la parasitologie et la biochimie.

Le Dr Abdelhalim Chachou, président de l'Association algérienne des laboratoires d'analyses médicales, considère, aussi, que les universités ont un rôle à jouer dans la recherche et non dans le diagnostic. Cependant, il confie que les laboratoires ont été « ignorés durant toute cette épidémie par le ministère de la Santé. Maintenant, on nous autorise à effectuer ces tests, mais sans plus ».

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