Alors qu'il était considéré comme l'un des hommes forts des services de sécurité en Algérie, le général Ghali Belkecir s'est transformé, en l'espace de quelques mois, en ennemi de la nation. En fuite à l'étranger et poursuivi pour « haute trahison » par le ministère de la Défense nationale, le général Belkecir risque une lourde peine de prison, voire une condamnation à mort.

Nommé en juillet 2018 à la tête de la gendarmerie nationale par l’ex-chef d’état-major de l’ANP, le défunt Ahmed Gaïd Salah, le général à la retraite et ancien commandant de la gendarmerie nationale Ghali Belkecir était l’un des hommes forts de l’appareil sécuritaire en Algérie.

Il a occupé un poste stratégique durant un moment historique en Algérie: la période du Hirak. Certains pensent qu'il est derrière l'interdiction du port de l’emblème amazigh durant les marches populaires, ce qui avait failli provoquer des divisions au sein de la société algérienne. D’autres lui attribuent la décision de fermeture des routes menant vers Alger, en imposant des barrages filtrants chaque vendredi, jour des manifestations populaires.

En juillet 2019, Abdelkader Bensalah, alors chef de l'État par intérim, avait décidé de limoger le général Belkecir. Ce dernier avait alors décidé, quelques semaines après, de quitter l'Algérie et d'aller se réfugier à l'étranger avec son épouse, Fatiha Boukhers, ex-présidente de la Cour de Tipaza. Certaines sources parlent de leur fuite vers le sud de l'Espagne, d’autres parlent des Emirats arabes unis.

Le général Belkecir traqué par la justice militaire algérienne

Le nom de Ghali Belkecir a été de nouveau évoqué le 2 août quand l'Algérie s'est fait livrer Guermit Bounouira, ancien adjudant-chef de l’ANP, réfugié en Turquie. Ce dernier aurait tout balancé à propos de l'ancien patron de la gendarmerie nationale.

Une semaine après, le ministère de la Défense nationale (MDN) annonce des poursuites judiciaires contre Ghali Belkecir, Guermit Bounouira et le commandant Darouiche Hichem. Tous sont accusés de « possession d’informations et de documents secrets pour les remettre à des agents d’un pays étranger ».

Alors que les deux militaires mis à la retraite sont déjà en détention provisoire, le général Belkecir, lui, se trouve toujours en fuite. Il est désormais visé par un mandat d’arrêt international émis par le juge d’instruction du tribunal militaire de Blida. Il encourt avec les deux autres mis en cause la peine de mort, conformément à l’article 63 du Code pénal, disposant que « tout coupable de trahison est puni de peine de mort ».

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