Un feu qui s’est déclenché dans la maison d’un « raqi », dans la wilaya de Tebessa (est de l’Algérie), a mis au jour un véritable antre de charlatanisme. Des centaines de photos et d’objets utilisés dans des "rites de sorcellerie" et de "magie noire" ont été découverts par les riverains, qui ont accouru éteindre les feux. C’est ce qu’a rapporté le journal arabophone Ennahar, dans son édition de vendredi 14 août.      

Selon la même source, les citoyens ont été choqués de la découverte stupéfiante qu’ils ont faite à l’intérieur de la maison du pseudo raqi. Lors de l'extinction des feux, les voisins ont découvert des centaines de photos personnelles, des talismans, des sortilèges et des restes d'animaux vraisemblablement utilisés dans des rites de sorcellerie.

Des vidéos et des photos des objets découverts ont été partagées sur les réseaux sociaux. Les services de sécurité ont arrêté les mis en cause et ouvert une enquête pour élucider cette affaire qui a choqué la population de la ville de Tebessa.

Il faut dire que les pratiques du charlatanisme prennent de plus en plus de place dans la vie des Algériens. C’est l’expression d’une société pour qui la recherche des thérapies faciles est devenue un apanage. Des charlatans profitent d’une vieille pratique, qu’est la Roqia, dont les origines remontent à la période préislamique, pour s’adonner à des rites occultes, causant souvent des drames.

À lire aussi :  Un Algérien, objet d'un mandat d'arrêt international, arrêté en Espagne

La Roqia dite prophétique, ou charâiya, par référence à l’islam, car le procédé existe aussi dans les autres religions monothéistes, se limite à la lecture de passages du texte sacré glorifiant la puissance de Dieu. Il ne s’agit point de torture physique ou de médication à base de “sortilèges et de magie noire”.

En janvier dernier, les services de sécurité de la wilaya de Guelma, dans l’est de l’Algérie, avaient arrêté un raqi accusé d’avoir causé la mort d’une fillette âgée de 10 ans. La victime est décédée lors d’une séance d’exorcisme qu’elle avait subie dans son domicile familial. Le rapport médical préliminaire a révélé des traces de torture physique et de brûlures sur son corps.