Une somme de 80 000 euros a été récupérée par les forces de sécurité lors d'une opération de lutte antiterroriste menée dans la wilaya de Jijel, dans le nord-est de l'Algérie, a indiqué le ministère de la Défense nationale (MDN) dans un communiqué rendu public ce lundi 28 décembre. Selon la même source, cet argent est une première tranche d'une rançon versée dernièrement aux groupes terroristes, suite à un marché conclu au Sahel. 

« Dans le cadre de la lutte antiterroriste et suite à l'exploitation du terroriste "Rezkane Ahcene", dit "Abou Dahdah", capturé le 16 décembre 2020, lors d'une opération de recherche et de ratissage menée près de la commune d'El-Ancer à Jijel en 5e Région Militaire, un détachement de l'Armée Nationale Populaire a découvert et détruit, aujourd'hui 28 décembre 2020 dans la localité de Djebel Boutouil dans la même zone, cinq (05) casemates pour terroristes, et a récupéré la somme de quatre-vingt mille (80.000) euros », explique le MDN dans son communiqué.

Le ministère de la Défense nationale précise qu'il s'est avéré que cette somme constitue « la première tranche de la rançon, objet du marché conclu le mois d'octobre passé au Sahel, et supposée être versée au profit des résidus des groupes terroristes traqués par les services de sécurité au nord de notre pays ».

Les soupçons de l'Algérie confirmés

Pour rappel, au mois d'octobre dernier, l'Algérie dénonçait une transaction suspecte qui a permis la libération d'otages européens détenus au Mali, contre la relaxe de 200 terroristes et le payement de rançons. « Ces pratiques inadmissibles et contraires aux résolutions de l’Organisation des Nations unies incriminant le versement de rançons aux groupes terroristes, entravent les efforts de lutte contre le terrorisme et de tarissement de ses sources de financement », avait alors dénoncé le ministère algérien de la Défense (MDN).

Un des terroristes libérés lors de cette transaction, un Algérien répondant au nom de Mustapha Derrar, a fait des révélations accablantes sur le paiement de rançons par la France pour libérer des otages au Mali, au lendemain de son arrestation en Algérie.