Dans un entretien à la revue de l’Armée algérienne El Djeïch, le général Bouzid Boufrioua, chef de service du génie de combat du Commandement des forces terrestres (CFT) de l’ANP a appelé la France à assumer ses responsabilités historiques, en évoquant la dépollution des sites des essais nucléaires français effectués en Algérie.

Pour le général Bouzid Boufrioua, la nouvelle réalité internationale impose à la France de dépolluer le Sahara algérien. “La France doit assumer ses responsabilités historiques, surtout après que 122 États de l’Assemblée générale de l’ONU ont ratifié, le 7 juillet 2017, un nouveau traité sur l’interdiction des armes nucléaires +TIAN+, qui vient s’ajouter aux traités antérieurs” a-t-il affirmé dans les colonnes de la revue El Djeïch dans son N° 691 de février 2021.

Dans le traité en question, le principe du pollueur-payeur a été reconnu, rappelle le responsable militaire algérien. C’est une première et les pays “victimes” des essais nucléaires sont confortés dans leur quête de décontamination des sites pollués. “C’est la première fois que la communauté internationale demande aux puissances nucléaires de rectifier les erreurs du passé” s’est-il félicité.

Une grande partie du sud algérien polluée

Le général Boufrioua donnera, dans le même entretien, des chiffres qui font froid dans le dos. Tout comme certains détails sur l’étendue de la contamination dans le Sud de l’Algérie. “Concernant les essais nucléaires
effectués par la France, sous prétexte de la recherche scientifique, leur nombre a atteint 17 explosions (4 de surface à Reggane et 13 souterraines à In Ekker), en plus d’autres essais complémentaires” précise-t-il encore.

“Les essais de surface effectués à Reggane ont causé la pollution d’une grande partie du sud algérien. Leurs effets se sont étendus jusqu’aux pays africains voisins, alors qu’un nombre d’essais souterrains a échappé au
contrôle, ce qui a provoqué la propagation des produits de fission due à l’explosion et la pollution de vastes zones” a aussi ajouté le général de l’ANP.

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