L’Etat algérien a abandonné l’avant-projet de loi sur la déchéance de la nationalité, proposé, début mars, par le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati. C’est le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, qui l’a annoncé, dimanche 4 avril, lors d’un entretien avec deux médias, diffusé par la télévision nationale. Et ce, à l’issue d’un Conseil des ministres qui a traité de nombreux sujets.

En effet, Abdelmadjid Tebboune a annoncé l’enterrement de l’avant-projet de loi sur la déchéance de la nationalité qui a provoqué un vif débat au sein de la société, notamment sur les médias et les réseaux sociaux. Les réactions hostiles à cette idée émanent de malentendus, a estimé le chef de l’Etat lors de l’entretien en question.

« Il y a un malentendu sur cet avant-projet et nous l’avons interrompu », a fait savoir Abdelmadjid Tebboune, en référence à la polémique que le projet de Zeghmati a créée. Pour lui, il n’est pas question d’élaborer une loi pour faire face à une petite minorité. « Cela n’intéresse pas les Algériens », a-t-il estimé, ajoutant que c’est la sûreté de l’Etat qui doit être protégée et elle pourra être défendue d’une autre façon.

Réactions hostiles au projet de loi

Il faut dire que l’avant-projet de loi sur la déchéance de la nationalité, présenté par le ministre de la Justice et Garde des sceaux lors d’un Conseil des ministres, a fait réagir les Algériens, qui y ont vu une volonté de faire taire les animateurs du Hirak qui activent à partir de l’étranger.

En fait, en plus clair, beaucoup ont déduit que l’Etat voulait faire taire les figures de proue de la toile activant à partir de l’étranger. A l’instar de l’islamiste de Rachad, Mohamed Larbi Zitout, le youtoubeur Amir Dz ainsi que le journaliste, et néanmoins ancien officier des services de renseignements, Hichem Aboud.

Les trois activistes auront, le vendredi d’après, le soutien d’une partie des manifestants du Hirak. Et encore plus après la diffusion des mandats d’arrêt internationaux lancés à leur encontre, le 22 mars par le tribunal de Bir Mourad Raïs. La justice algérienne les accuse, eux et d’autres personnes, de terrorisme, notamment d’une volonté de radicaliser le Hirak en Algérie et le transformer en mouvement violent.

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