Deux journalistes français accusés d’avoir fait du chantage à la famille royale marocaine en 2015 vont être jugés, rapportait mercredi 19 mai l'AFP. Il est reproché aux deux mis en cause, Éric Laurent et Catherine Graciet, d'avoir demandé plusieurs millions d’euros pour ne pas publier un livre embarrassant sur le roi marocain, Mohammed VI.

Selon la même source, les juges d’instruction chargés de cette enquête ont ordonné un procès pour « chantage » contre Éric Laurent et Catherine Graciet, auteurs, en 2012, d’un ouvrage sur Mohammed VI intitulé « Le Roi prédateur ».

Cette affaire remonte à l’été 2015. Le journaliste Éric Laurent avait alors contacté le secrétariat particulier du roi en vue d’obtenir un rendez-vous. Ce rendez-vous a été organisé en France avec un émissaire de la monarchie, par ailleurs avocat, quelques mois avant la parution programmée d’un nouveau livre de ces journalistes sur le Maroc. Le journaliste Éric Laurent avait annoncé la publication prochaine d’un second tome sur Mohammed VI, contenant des informations potentiellement embarrassantes pour la monarchie lors de cette rencontre.

Les accusations du Maroc

Après la rencontre, les deux parties se sont accusées mutuellement. Le journaliste avait affirmé que l'émissaire du roi lui avait proposé un accord financier en vue de la non-publication de l’ouvrage. De son côté, l'avocat du roi avait assuré que la proposition émanait du journaliste, qui réclamait trois millions d’euros. Quelques jours après cette rencontre, le Maroc avait déposé plainte à Paris contre les deux journalistes et une enquête a été ouverte.

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Les avocats des journalistes, Me William Bourdon et Me Bertrand Repolt, ont réagi à cette procédure. Ils ont affirmé que « comme trop souvent, l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel est un copier-coller du réquisitoire ». Ces avocats estiment que « depuis l’origine, une mécanique judiciaire s’est mise en route avec tapage et orchestration, sans aucun fondement factuel. Éric Laurent, ajoutent-ils, devra être relaxé du chef de chantage ».

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