L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde contre la possibilité d'une grande vague d'infections par le coronavirus au Maghreb et dans certains pays du Moyen-Orient, dans les semaines à venir. Selon l’OMS cette crainte est justifiée notamment par la dangerosité du variant Delta et les conséquences induites par la célébration de la fête de l’Aïd al-Adha .  

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a attribué les causes de la vague à la propagation rapide du mutant Delta et à la lenteur de la réception des doses du vaccin anti-Covid dans la plupart des pays de la région. Selon l’OMS « la Libye, l'Iran, l'Irak et la Tunisie enregistrent au cours des dernières semaines des chiffres élevés d’infections », et que « le Liban et le Maroc pourraient passer par la même étape ».

La fête de l’Aïd al-Adha accentuerait le nombre d'infections au Covid

L'organisation a également exprimé sa préoccupation face à la situation dans la région dans les semaines à venir en raison de l'avènement des occasions religieuses où les rassemblements se multiplient, comme l'Aïd al-Adha, et le laxisme de nombreux citoyens de ces pays à adhérer aux mesures de prévention.

La Tunisie traverse actuellement des moments difficiles en raison de la propagation rapide du virus, alors que les services de soins intensifs dans les hôpitaux étaient remplis et ont atteint leur capacité maximale, le pays a enregistré le taux de décès et d'infections le plus élevé de la région par rapport à la population.

La situation est catastrophique en Tunisie

Mardi dernier, la Tunisie a enregistré 157 décès, soit le nombre de morts quotidien le plus élevé depuis le début de la pandémie l'année dernière, ce qui porte le nombre total de décès dus au Covid à environ 17'000 et les infections à environ 500'000 cas.

Des responsables tunisiens ont déclaré que le système de santé s'était effondré et que la situation était catastrophique, en raison de l'incapacité des services de soins intensifs et des urgences à accueillir le nombre croissant de patients et la pénurie aiguë d'oxygène. Une situation qui a incité le président de la Tunisie à lancer un appel de détresse à la communauté internationale.

En Algérie, le pic de la 3e vague n’est pas encore atteint

Malgré le nombre de contaminations en hausse exponentielle depuis quelques jours, le pic de la troisième vague n'est pas encore atteint en Algérie, avertit le Pr Riyad Mahyaoui, membre du Comité scientifique en charge du suivi de la Covid-19. « la situation est inquiétante », a-t-il déclaré ce lundi 19 juillet sur les ondes de la radio de Sétif. Il a ajouté : « nous devons nous préparer à toutes les éventualités. Actuellement, tous les lits des services médicaux et chirurgicaux des patients Covid sont mobilisés ».

« Les chiffres des contaminés continueront d’augmenter dans les prochains jours » selon un spécialiste

Ryad Mahyaoui a rappelé que l’épidémie est présente dans toutes les wilayas du pays, à l’exception de 6 wilayas seulement. Il a indiqué que le nouveau variant est très actif. Le professeur a expliqué que les chiffres actuellement enregistrés continueront d’augmenter dans les prochains jours, car nous n’avons pas encore atteint le pic. Il a souligné que dans cette conjoncture le plus important est de fournir et d’assurer de l’oxygène à tous les hôpitaux. D’autant plus qu’il y a un grand pourcentage de jeunes entre 35 et 40 ans dans les hôpitaux avec des problèmes respiratoires.

« Cette vague sera deux à trois fois plus rapide que celle de 2020 » au Maroc

La situation au Maroc n’est pas mieux lotie selon les experts de l’OMS. Le Maroc prépare ses munitions face à une 3e vague qui sera plus rapide, qui montera plus haut, mais qui sera proportionnellement moins létale, grâce surtout la vaccination. À ce jour, plus de 9,6 millions de personnes ont reçu les deux doses au Maroc, la plupart ayant un âge supérieur à 40 ans.

C’est dans ce contexte que le Maroc est en train de vivre sa 3e vague du Covid-19. Dans les milieux officiels, on en est conscients on s’y est préparé. « Cette vague sera deux à trois fois plus rapide que celle de 2020 », affirme une source médicale marocaine. La vague de 2020 avait culminé avec 6'195 nouveaux cas le 12 novembre dernier après avoir commencé pendant la troisième semaine d’août. Cette fois-ci, elle ira plus vite certes. Mais ira-t-elle plus haut ? « C’est une course contre la montre, entre le variant Delta et la vaccination », explique la même source.

 « Le variant delta est plus transmissible de 60 % à 70 % »

Cela signifie que le variant Delta est déjà au Maroc, et qu’il est à l’origine de l’ampleur de la flambée actuelle. « Le variant Delta prend progressivement la place du variant qui était dominant jusque là, il se réplique davantage, plus vite. Il est plus transmissible de 60 % à 70 %. Et il est moins létal ». « Quand une personne est symptomatique avec le variant Delta, sa charge virale est plus élevée qu’avec le précédent variant. Cela signifie qu’elle est plus contagieuse »,  par contre, « cette charge virale est moins importante chez les personnes vaccinées, ce qui réduit la transmissibilité » ajoute la même source.