Deux journalistes ont été passés à tabac, mardi dernier, par les talibans en Afghanistan, rapportent plusieurs sources médiatiques. Les deux journalistes qui travaillent pour un journal local étaient en couverture d’une manifestation de femmes, avant d’être interpellés et conduits dans un commissariat où ils ont connu le pire des traitements. Ils racontent leur calvaire.

« Ils m’ont dit que c’était strictement interdit de filmer. Ils arrêtaient tous ceux qui filmaient, prenaient leurs téléphones », a expliqué l’un des deux journalistes à l’Agence France-Presse (AFP). Il affirme que les talibans ont essayé de lui confisquer son appareil photo. Il a réussi à leur échapper, mais il finit par être rattrapé. Il a été ensuite conduit dans un commissariat.

« Les talibans ont commencé à m’insulter, à me donner des coups de pied. Ils m’ont attaché les mains derrière le dos, m’ont mis au sol et m’ont frappé à coups de bâtons, de câbles, de tuyaux, tout ce qu’ils pouvaient trouver. Je criais, je n’arrêtais pas de dire que j’étais journaliste. Mais ils n’en avaient rien à faire. Ils m’ont donné des coups de pied dans la tête, labouré le dos… Ça a duré 10 à 15 minutes. J’ai cru qu’ils allaient me tuer », a-t-il raconté à la même source.

Les journalistes tabassés avaient tellement mal qu’ils ne pouvaient plus bouger

Après cette torture, le cameraman a été transféré dans une cellule où il a retrouvé un autre journaliste, un photographe arrêté lui aussi lors de la même manifestation. « On était allongés sur le sol, on avait tellement mal qu’on ne pouvait plus bouger », souligne de son côté ce dernier.

Les deux journalistes ainsi que d’autres personnes, une vingtaine, avec lesquelles ils ont partagé la cellule quatre heures durant ont été finalement libérés.

Il est à rappeler que les talibans ont pris le pouvoir en mi-aout dernier en Afghanistan. Ils n’ont pas tardé à appliquer leur « loi », puisque depuis de pareils abus sont souvent signalés dans le pays. Des centaines de citoyens ont tenté d’ailleurs de fuir l’Afghanistan après le retour des talibans.