De violentes bagarres ont éclaté entre des détenus dans un centre de rétention pour migrants en France, dans la soirée du vendredi 10 septembre. Des bagarres au cours desquelles cinq blessés ont été enregistrés alors qu’un détenu a réussi à s’échapper du centre.

La soirée du vendredi 10 septembre 2021 a été une soirée émaillée de violences au Centre de Rétention administrative (CRA) d’Hendaye, a annoncé le 11 septembre le syndicat Unité SGP Police FSMI FO 64 sur sa page Facebook.

Un individu en a même profité pour s’évader alors que les policiers l’avaient mis à l’écart afin de lui porter secours et assistance. Au final, deux policiers ont été blessés ainsi que trois individus dont le fuyard, rapporte Sud Ouest. L’ensemble des blessés a été conduit à l’hôpital afin de recevoir des soins. Les deux policiers ont fait l’objet d’un arrêt de travail de plusieurs jours. Plusieurs des participants ont été placés en garde à vue, selon la même source.

Dans un communiqué ce samedi 11 septembre sur sa page Facebook, Unité SGP police 64 a dénoncé ces violences, de plus en plus présentes dans les CRA de France. « Unité SGP Police FSMI FO 64 tient à souligner le professionnalisme et la solidarité des fonctionnaires du CRA et du SPAFT d’Hendaye durant cette nuit de chaos », indique le communiqué.

« Les CRA sont de véritables cocottes-minute prêtes à exploser » alerte le syndicat de la Police

« Les “hiboux” de la police nationale ont réussi à rétablir une situation où la violence a atteint son paroxysme. Les CRA sont de véritables cocottes-minute prêtes à exploser. Les unités de nuit doivent être renforcées et nos dirigeants doivent se saisir du problème au plus vite », ajoute la même source.

« Le même jour que les violences d’Hendaye, notre syndicat a publié au niveau national, un communiqué pour dénoncer la violence dans les CRA », souligne Christophe Labarthe, Unité SGP Police FO Pyrénées-Atlantiques dans une déclaration à Sud Ouest.

Les détenus des CRA en attente d’une reconduite dans leurs pays

« Il y a actuellement, à Hendaye comme ailleurs, des personnes dans l’attente d’une reconduite dans leur pays qui sont issues de maisons d’arrêt. Mais avec le Covid-19, de nombreux pays ont fermé leur frontière. La retenue, dans l’attente d’une expulsion, ne peut pas dépasser 90 jours », explique Christophe Labarthe.

« Mais dans cette attente, ces individus conservent le même comportement qu’ils avaient en détention, mais dans un centre où ils peuvent librement circuler. Or, les fonctionnaires de la Police aux frontières ne sont pas formés comme les surveillants de prison pour faire face à ce type de situation », ajoute-t-il.