Le sénateur du FLN Abdelouaheb Benzaïm a effectué une étrange sortie médiatique ce lundi 13 septembre, en évoquant la crise financière que subit la compagnie aérienne nationale Air Algérie. Pour lui, l’entreprise ne doit pas attendre une aide de l’État, mais contracter un prêt auprès d’une banque pour sortir de sa crise.

Dans une publication sur sa page Facebook, Benzaïm estime que « ce n’est pas parce que c’est une entreprise publique qu’elle va demander de l’argent à l’État et au Trésor pour assurer les salaires et financer les dépenses. Cela ne s’est pas le cas dans aucune entreprise dans le monde ».

Cette nouvelle sortie médiatique du parlementaire du FLN est très étrange. Il y a de nombreuses compagnies aériennes qui ont reçu l’aide des pouvoirs publics de leurs pays respectifs, à l’instar d’Air France, y compris dans les pays développés. Certes, les aides reçues viennent quand les crises sont exogènes à la compagnie et non le fruit d’une mauvaise gestion.

Comment Air Algérie va-t-elle contracter un prêt bancaire alors que sa situation économique est désastreuse, avant même sa mise à genou par la fermeture des frontières et la crise sanitaire liée au coronavirus ? Le sénateur Abdelouaheb Benzaïm n’ignore pas que la gestion d’une entreprise doit être jugée quand toutes les conditions d’un bon fonctionnement sont réunies.

Gestion désastreuse de l’entreprise publique Air Algérie

Benzaïm est surtout bien conscient de la réalité de la gestion des entreprises publiques en Algérie. Bien conscient que les dirigeants d’Air Algérie n’ont jamais eu les coudées franches dans la gestion, particulièrement dans la politique de recrutement. C’est ainsi que la compagnie Air Algérie, à coup de recrutements téléphonés, se retrouve avec 10’000 employés dont une partie ne sert à rien.

De nombreux employés d’Air Algérie, se disant lésés, ont déjà eu à dénoncer le mode de recrutement, particulièrement au niveau des agences de la compagnie à l’étranger. De nombreux autres ont eu à dénoncer les emplois fictifs qui font qu’Air Algérie payait des individus qui n’avaient jamais mis les pieds sur leurs lieux de travail.

Un plan de relance plus sérieux pour Air Algérie

Le sénateur est certainement conscient que l’on ne peut exiger des résultats positifs à une entreprise comme Air Algérie avant un grand assainissement, particulièrement dans sa masse salariale et ses agences à l’étranger. C’est ce qui est prévu dans un plan de sauvetage élaboré par Mahmoud Mehalli, consultant international en aéronautique et membre de la Chartered Transport Institute ainsi que de la British Aviation Consultants Association. Le sénateur Benzaïm est censé être au courant de l’existence du rapport de Mahmoud Mehalli. C’est pour cette raison que sa sortie médiatique d’aujourd’hui est considérée comme étrange.