Invité de l'émission L'Événement sur France 2, Emmanuel Macron s’est longuement prononcé sur la question de l’immigration. En fait, il ne pouvait en être autrement, puisque le meurtre de la jeune Lola a catapulté le sujet au-devant du débat public. Si le président français s’est montré prudent quant au choix des mots, il n’a toutefois pas manqué de faire des promesses engageant des pays autres que la France.

La France est bel et bien secouée. Et la « présumée » coupable est une Algérienne sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une double peine pour toute l’immigration dont on fait le procès depuis déjà longtemps. Mais cette fois-ci, cela a l’air sérieux. La droite et, à plus forte raison, l’extrême droite ont sous la main la pièce manquante au dossier qui, jusque-là, "chancelait". En effet, le drame de Lola a été un argument inespéré pour ces courants qui, faut-il le noter, gagne de plus en plus de terrain.

Macron : « La moitié au moins des faits de délinquance viennent des étrangers »

Emmanuel Macron ne veut pas céder totalement à l’extrême droite, mais – aussi – il ne peut pas tout lui refuser. Le jeune président, qui doit encore avoir en tête sa visite en Algérie, refuse toute « généralisation ». Mais il souligne qu'à Paris, « la moitié au moins des faits de délinquance qu'on observe viennent de personnes qui sont des étrangers soit en situation irrégulière, soit en attente de titres ».

Le président français, en outre, refuse de voir un quelconque « lien existentiel entre l'immigration et l'insécurité ». La preuve ? « La France a toujours eu des immigrés », a-t-il déclaré, tout en affirmant qu'elle les avait toujours « intégrés ». Mais il a convenu qu'il était nécessaire d'intégrer « beaucoup plus vite » les personnes qui le souhaitent. Aussi, et c’est là peut-être une décision éminemment politique, il a promis de « durcir les choses avec les pays d'origine pour aller vers un taux de raccompagnement à la frontière de 100% pour ceux qui sont le plus dangereux ».

Immigration-France : Macron veut-il séduire la droite ?

C’est en gros un discours de « droite ». C’est d’ailleurs ce que s’accordent à dire la presse française, qui accuse le président de vouloir rallier à lui ce courant dans ses différentes composantes. « Emmanuel Macron place ses pas dans ceux de la droite », a écrit Le Monde. La Croix estime qu’il lui « tend la main ». Le Parisien pense qu’il l’« appelle en renfort ». Il est vrai que la presse en question parle de la politique française en général. Mais il est aussi vrai que c’est sur la question de l’immigration qu’il a été le plus jugé.

Cependant, la promesse de « durcir les choses avec les pays d'origine des migrants » risque de ne pas être facile à tenir. En effet, il y aura certainement, comme par le passé, des résistances des pays en question. Rappelons que ce fut même l’une des causes qui a mené à un refroidissement des relations entre la France et les pays nord-africains : l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.