La majorité des Algériens travaillant en Île-de-France occupent des métiers « peu qualifiés » et souvent pénibles, selon une étude statistique de l'INSEE publiée le jeudi 27 octobre. Cette étude souligne que plus de la moitié des travailleurs immigrés de l'Île-de-France est née en Afrique et ceux nés en en Algérie, au Maroc et en Tunisie sont les plus représentés.

En 2018, près de 1,25 million d'immigrés travaillent en Île-de-France. Soit près de la moitié des travailleurs immigrés de France métropolitaine. C'est l'INSEE qui le dévoile dans sa dernière étude, rendue publique le jeudi 27 octobre[1]Les actifs immigrés en Île-de-France : leurs métiers, diplômes et origines, INSEE. Cela représente 22 % de la population active de la région capitale, une part deux fois plus élevée que la moyenne en France métropolitaine.

L'INSEE définit un immigré comme une personne née étrangère à l'étranger et résidant en France. « C'est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l'origine géographique d'un immigré », précise l'INSEE. En Île-de-France, « 38 % des immigrés ont acquis la nationalité française », selon la même source. Un peu plus de la moitié du 1,25 million d'immigrés faisant partie de la population active dans l'Île-de-France est née en Afrique, selon l'étude. Les immigrés nés en Afrique du Nord sont les plus représentés (27 % de la main-d'œuvre immigrée francilienne) et sont issus d'une immigration plus ancienne, note l'INSEE.

Voici les métiers qui recourent le plus à la main-d'œuvre immigrée, selon l'INSEE

Concernant les métiers occupés par les immigrés, dont bien entendus les Algériens, l'étude démontre « certains métiers sont plus particulièrement occupés par des immigrés ». En Île-de-France, 12 métiers en particulier se distinguent par une proportion d'immigrés supérieure à 39 %. Ce sont pour la plupart des métiers de services aux particuliers et aux collectivités, des métiers du bâtiment et des travaux publics ainsi que de l'hôtellerie et restauration.

Ainsi, en Île-de-France, plus de 6 aides à domicile, aides ménagères ou employés de maison sur 10 sont immigrés. Il en est de même pour les ouvriers du gros œuvre du bâtiment et des travaux publics. Par ailleurs, un cuisinier francilien sur deux est immigré et plus de 4 sur 10 s'agissant des agents de gardiennage et de sécurité, agents d'entretien et assistantes maternelles.

L'étude explique que la majorité des immigrés nés en Afrique – nomment les Algériens, les Tunisiens et les Marocains – occupent des emplois qui sont peu qualifiés et dont les conditions de travail sont plutôt difficiles (efforts physiques nombreux, tâches répétitives et surtout horaires particuliers). En bref, des secteurs où les employeurs sont confrontés à des difficultés de recrutement, comme cela a été le cas durant la crise sanitaire.

« Malgré un niveau de diplôme élevé, certains immigrés n'accèdent pas à un emploi qualifié », souligne l'INSEE

La même étude souligne également que malgré un niveau de diplôme élevé, certains immigrés n'accèdent pas à un emploi qualifié. En Île-de-France, près de 40'000 travailleurs immigrés détenteurs d'un diplôme Bac+5 occupent un emploi d'ouvrier ou d'employé. Et seuls 56 % des immigrés détenteurs d'une licence accèdent aux professions intermédiaires ou supérieures, contre plus de 80 % des non-immigrés, souligne l'étude.

Selon l'INSEE, plusieurs facteurs peuvent contribuer à expliquer ce phénomène, parmi lesquels « une arrivée récente dans le pays, des réticences de l'employeur vis-à-vis de candidats maîtrisant mal le français, voire une discrimination à l'embauche. L'obligation de disposer d'un diplôme européen ou reconnu par l'État peut aussi intervenir pour certaines professions, médicales, notamment. L'INSEE n'a fait à aucun moment référence dans son étude à la discrimination à l'embauche. Il serait aussi important de souligner que les étudiants algériens abandonnent souvent leurs études avant la fin du cursus et s'orientent vers des emplois « faciles » d'accès afin de régulariser leur situation et de rester en France.