Me Salah Dabouz
Me Salah Dabouz

L’avocat des détenus mozabites, Me Salah Dabouz a décidé de poursuivre en justice, l’actuel wali de Ghardaïa, M. Azeddine Mechri. C’est ce qu’a annoncé, aujourd’hui, l’avocat et président de la LADDH. Me Dabouz s’appuie sur des déclarations publiques du wali le mettant en cause. Ainsi, il a estimé que seule la justice est en mesure de traiter l’affaire. « Le wali s’est exprimé durant cinq minutes et il a fauté cinq fois », a dit l’avocat avant d’énumérer « les attaques » du wali contre lui.

« Il a déformé mes propos sur BRTV en évoquant « des violences dans la prison de Ménéa qui opposaient des arabes et des amazighs, alors que moi, j’ai parlé de violences sexuelles exercées sur des détenus », a expliqué Me Dabouz avant d’ajouter que cela relève de la diffamation. Pour le second grief retenu par l’avocat contre le wali, il a cité « une influence sur la justice ». Plus précis, Me Dabouz a souligné que le wali « a clairement déclaré que c’était lui qui a ordonné à la justice de me mettre sous contrôle judiciaire », ajoutant que le même responsable l’avait menacé de le mettre en prison.

Pour la troisième erreur commise par le wali, Me Dabouz relève que le responsable de la wilaya de Ghardaïa a « divulgué des secrets d’instruction en évoquant avec précision les d »tails de mon dossier qui est à la justice ». Me Dabouz s’est interrogé sur la source qui aurait informé le wali sur ces détails. L’avocat rapproche au wali aussi « son abus d’autorité » et « une incitation à la violence ». Le wali fait, au fait référence à des déclarations de l’avocat dans les médias, sauf que, il a interprété ces mêmes déclarations « à sa façon » et dont le but d’accabler le défenseur des détenus de Ghardaïa. « Il a déclaré que s’il était mozabite, il aurait pris des armes en évoquant ma dénonciation des abus sexuels subis par des détenus dans la prison de Ghardaïa ». Pour Me Dabouz, c’est un énième dérapage de la part d’un responsable  qu’il veut, désormais, traîner devant les tribunaux pour des déclarations, le moins que l’on puisse dire, gravissimes.

« Je suis dans mon droit d’exiger à ce que la cours de Ghardaïa se dessaisie de mon dossier pour soupçons légitimes amplement justifiés », a encore déclaré l’avocat qui est, pour rappel, poursuivi dans une affaire où on lui reproche d’avoir introduit un PC dans la prison de Ghardaïa. Il a ajouté que des émissaires sont venus le voir afin de tenter de « régler à l’amiable » ce différend avec le wali, une chose que l’avocat a refusé, car il estime que « le problème n’est personnel », mais il concerne « une situation grave qui prévaut dans la vallée du M’zab ».

« Ces déclarations du wali prouvent que la justice à Ghardaïa est totalement contrôlée par le pouvoir central en violation de la Constitution », a souligné l’avocat.

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