Etant donné que le président de l’Assemblée Populaire Nationale (APN), Saïd Bouhadja, a gelé les activités de sa chambre basse, suite à  la motion de retrait de confiance, la loi de finances pour l’année de 2019 ne pourra pas être débattue et ne connaîtra donc aucun amendement.

 

Loi de finances légiférée par ordonnance :

Le gouvernement légiférera par ordonnance 2019 cette loi qui ne peut pas rester suspendue  longtemps. Car en droit constitutionnel, une ordonnance est une mesure prise par le gouvernement pour faciliter ou accélérer  des  réformes lorsque le parlement  ne peut pas exercer dans le processus de législation, et ce d’une manière ou d’une autre (congé,  dissolution…).La loi de finances 2019 est alors discutée en conseil des ministres, puis signée par le président de la République. Elle entre en vigueur dès sa publication.

Cette loi de finances 2019  ne contient aucune augmentation, le citoyen n’aura pas à se plaindre. Ceux qui n’ont pas été gâtés par ces textes de loi sont les médias et les entreprises. En effet,   la loi prévoit des restrictions sur les dépenses de promotion et de publicité.  En plus des pressions qu’elles subissent, les  diverses entreprises de presse risquent de voir leurs revenus publicitaires abaissés.

La loi de finances : un outil de pression

Cependant avec la crise que connaît actuellement le parlement, la probabilité de sa dissolution et celle de prolonger le mandat présidentiel, d’une durée de trois ans, nous donne un tout autre aperçu sur ce sombre labyrinthe.

Si le président de la République, Abdelaziz Bouteflika,  est maintenu pour une période temporaire, il faut calmer les esprits.  Et cela se fera par le biais du  « quatrième pouvoir », autrement dit, la presse. Il ne faut donc pas s’étonner de la volonté de l’exécutif de contrôler les médias.

Si cette disposition  venait à être adoptée, la presse sera mise en difficulté et devra se plier aux exigences du gouvernement  afin de garantir sa survie.  Par ailleurs,  cette disposition est l’occasion rêvée de faire disparaître certains organes de presse jugée « perturbateurs ». l’exécutif gardera ainsi un coup d’avance.