Le gouvernement algérien compte continuer sa politique qualifiée par les observateurs d’«austérité» sans pour autant l’assumer. En effet, selon plusieurs sources, le projet de Loi de Finances de 2018, dont la première mouture sera bientôt élaborée par le gouvernement, devrait comporter de nouvelles augmentations de prix et de taxes.

Cité par l’agence officielle APS, le vice-président du Conseil National Economique et Social (CNES), Mustapha Mekideche préconise  «de nouveaux « arbitrages budgétaires » afin de permettre au pays de disposer des ressources nécessaires à son développement et de mieux contenir les importations».

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La fin des subventions généralisées

M. Mustapha Mekideche laisse entendre une augmentation des produits subventionnés «Le gouvernement devrait se fixer comme priorité le dossier des subventions ciblées lesquelles seraient un enjeu pour la loi de finances de 2018 pour pouvoir mettre en place un système de subventions qui garantisse à la fois la cohésion sociale et évite le gaspillage des produits subventionnés» rapporte l’APS.

Cette nécessité de cibler les ménages et les activités, devant être  soutenus par le budget de l’Etat, est dictée par la baisse des ressources  budgétaires, a-t-il noté en soulignant que ce dossier allait « probablement  être sur la table du nouveau gouvernement de manière prioritaire ».

Hausse des prix des carburants

D’autres sources prédisent une nouvelle augmentation des prix de carburant. Un choix qui serait justifié par le gouvernement de Abdelmadjid Tebboune par les pertes considérables générée par la contrebande qui alimente plus de 650 000 véhicules tunisiens et marocains de carburant algérien subventionné.

Lutte contre la pollution

Par ailleurs des mesures fiscales sont prévues dans l’avant-projet de loi de finances 2018 pour renforcer la lutte contre la pollution provenant des déchets ménagers et industriels, a indiqué samedi à Alger la ministre de l’Environnement et des énergies renouvelables, Mme Fatma Zohra Zerouati.

Intervenant lors de la réunion des cadres de secteur de l’environnement et des énergies renouvelables, la ministre a relevé que le maillon faible résidait, entre autres, dans la non collecte par les communes de la totalité de la fiscalité liée à la gestion des déchets, précisant que ce dysfonctionnement de recouvrement fiscal par les collectivités locales affectait la qualité de leur gestion des déchets.

Dans ce cadre, elle a avancé qu’il y aurait « du nouveau » dans l’avant-projet de loi de finances 2018 à travers des dispositions élaborées en consultation avec tous les secteurs concernés, en soulignant que le principe du « pollueur-payeur » sera consacré à travers ce texte.