L’éviction du président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Ali Haddad, par le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune à l’Institut supérieur de la sécurité sociale (ISSS) tourne au vinaigre et prend des proportions gravissimes, à en croire des sources proches du dossier.

Si M Tebboune a décidé d’activer la machine judiciaire et de lancer des mises en demeure à l’encontre de ceux qui ont squatté le foncier industriel et agricole, mais aussi les zones d’expansion touristiques, pour débusquer les patron d’entreprises affiliés au FCE et qui n’ont pas honoré leurs engagements, à l’image du groupe ETRHB, cela va sans dire que les choses se corsent et le patron du FCE prépare sa riposte.

Mais, en face, les dissidents de Haddad ont avancé dans la démarche prônée par M Tebboune et qui voudrait que ceux qui ont pris des avances sur les marchés non réalisés doivent rembourser et/ou relancer les chantiers dans un délai ne dépassant pas les 60 jours conformément au cahier des charges relatif aux marchés publics.

Cette tendance à vouloir s’entêter a conduit M Haddad à réunir au siège de l’ETRHB à Bab Ezzouar ses fidèles du FCE dans un conclave retreint pour répondre au Premier ministre et éclairer l’opinion publique.

Chose attendue tout au long de la journée et que les médias n’ont pas vu venir. Entre temps, des ministères de souveraineté préparent, eux aussi, des mises en demeure compromettantes à l’encontre d’une trentaine d’entreprises et de groupements d’entreprises tant nationaux qu’étrangers.

Attendues pour la matinée de demain sous formes de placards publicitaires, elles toucheront le groupe ETRHB Haddad dans tous les secteurs où il avait contracté des marchés, comme elles toucheront des patrons d’entreprises qui se croyaient intouchables et protégés par le sérail.

Le pourrissement né d’un ensemble de marché dépassant les 10 milliards de dollars sur des projets qui n’ont jamais vu le jour et qui, au contraire, ont compliqué le quotidien des citoyens et leur cadre de vie, remet en cause la crédibilité de certains chefs d’entreprises qui versent dans le sensationnel politico-médiatique et le lobbying de salons.

C’est dire, qu’à partir de la journée de demain, des développements très importants seront rendus sur la place publique par les uns, ceux qui voudraient mettre fin aux abus au nom du «business-politique», et par les autres, ceux qui veulent justifier leur coup de force à vouloir transformer une éviction du président du FCE de l’ISSS en affaire strictement politique, le tout sous le couvert d’une démarche nommée «le projet de Sellal».

Suite et pas fin…

TARIK LAMARA