Les islamistes se réconcilient

A l’approche des élections législatives 2017, des partis politiques de la mouvance islamiste, scellent des fusions et des alliances, annonçant ainsi une nouveauté dans le paysage politique national. Deux accords de réunification ont pris ainsi forme en ce début de l’année en perspective de cette échéance électorale.

Le premier concerne le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le Front du changement (FC), alors que le second acte d’alliance engage trois entités politiques : le Front pour la justice et le développement (FJD), le Mouvement Ennahda et le Mouvement pour l’édification nationale (MEN).  L’alliance qui va réunir le FJD du leader Abdallah Djaballah, le Mouvement Ennahda, dirigé par Mohamed Douibi et du MEN, présidé par Ahmed Dane, sera officiellement proclamée demain samedi à Alger sous l’appellation « l’Union pour Ennahda, la Justice et l’Edification ».

« Cette  alliance est stratégique. Mais elle n’en est pas moins électorale dans la mesure où les partis qui la composent ont décidé de prendre aux prochaines élections en présentant des listes communes à travers tout le territoire national et même à l’étranger », a indiqué, à l’APS, M. Dane du MEN. Il a expliqué que  » cette alliance demeurera ouverte à toutes les formations qui croient aux principes de la Déclaration du 1er novembre 1954 et qui comptent promouvoir le processus démocratique à travers un exercice pacifique de la politique ».

Même son de cloche chez M. Douibi du Mouvement Ennahda, pour qui « l’objectif de cette union n’était pas uniquement électoral même si la préparation des échéances électorales à venir figure dans son agenda à court terme ».  M. Douibi a ajouté que l’Union pour Ennahda, la Justice et l’Edification (UEJE)  » compte présenter une approche en mesure de permettre au pays de relever les défis politiques et socio-économiques ».

Il a souligné également que « toutes les formations politiques seront les bienvenues dans cette alliance ». Pour sa part, le député Lakhdar Benkhelaf du FJD, a relevé que « la fusion visait la réunification des rangs », précisant que « présenter des listes communes aux élections n’est qu’une étape politique de cette alliance ».

Alliance MSP-FC en attendant une fusion organique

S’agissant de la « réunification » scellée par le MSP et le Front du changement, il convient de relever que si les deux formations ne se sont pas encore fusionnées dans un seul appareil, elles vont cependant présenter des listes communes à l’occasion des élections législatives prochaines sous le sigle MSP. Cette réunification marque le retour d’Abdelmadjid Menasra au MSP, un parti qu’il avait quitté pour créer, en 2011, le Front du Changement.

M. Menasra a expliqué que cette décision de fusion « n’intervient pas sous la pression de la loi électorale », précisant qu’il s’agit d' »un acte stratégique qui s’appuie sur les expériences du passé, médite le présent et prépare l’avenir, et qui est aussi de nature à réhabiliter le processus politique et électoral ». S’agissant de la démarche à suivre pour concrétiser organiquement cette fusion, M. Menasra a énuméré trois étapes.

La première porte, indique-t-il, sur la préparation des prochaines élections législatives pour une participation avec des listes communes sous la bannière du MSP. La deuxième phase, « consensuelle et n’excédant pas une année, verra la tenue d’un congrès consensuel pour la dissolution du Front du changement et son intégration au MSP ». La troisième et dernière phase sera, selon lui, celle de la tenue d’un « congrès démocratique et ordinaire ».

Pour sa part, M. Mokri avait estimé que cette fusion « se veut une réunification des cadres de l’école de Mahfoud Nahnah, qui jouissent d’une grande compétence », affirmant que les cadres des deux partis, issus de la même école, réintègreront leur état naturel et initial après avoir été séparés par des circonstances ». Selon des observateurs, le jeu d’alliance n’est guère inédit pour les partis islamistes qui ont eu, par le passé, à créer au sein de l’APN l’Alliance de l’Algérie verte, qui a réuni le MSP, Ennahda et El Islah lors des législatives de mai 2012.

Le MSP faisait partie également de l’Alliance présidentielle qu’il avait contracté, en 2004, avec le parti Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND) pour « la mise en œuvre du programme du président de la République, Abdelaziz Bouteflika ».  Par ailleurs, la quasi-totalité des formations islamistes font partie de l’Instance de concertation et de suivi de l’opposition (ICSO) qui regroupe des partis et des personnalités politiques de différentes tendances politiques.

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