Montage: Abdelaziz Bouteflika, Said Bouhadja, Djamel Ould Abbes
Montage: Abdelaziz Bouteflika, Said Bouhadja, Djamel Ould Abbes

Un véritable coup d’Etat scientifique est en train d’avoir lieu à la chambre basse du parlement algérien. Le président de l’Assemblée Populaire Nationale (APN) est empêché d’accéder à son bureau par les députés de la majorité qui ont cadenassé la porte du parlement, afin d’annoncer la vacance du poste. Une vacance approuvée par la commission juridique de l’institution législative.

Ainsi, le troisième homme de l’Etat algérien, Apparatchik du Front de Libération Nationale (FLN), Said  Bouhadja sera déchu de son poste par un coup d’Etat scientifique, vu l’illégalité de la procédure dont les ficelles sont tirées quelque part.

Le président de l’APN en disgrâce chez sa famille politique, appelle lui même à l’intervention du Chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika pour le fixer sur son avenir, dans une violation flagrante, mais habituée en Algérie, du principe de séparation des pouvoirs.

  • Un nouveau président illégitime pour le parlement algérien

Djamel Ould Abbes affirme que le parlement ne sera pas dissous et que la crise de l’APN est une crise interne en voie de règlement dans sa première déclaration à la presse, aujourd’hui Samedi 20 octobre.

En effet, si les députés de la majorité et ceux des partis satellitaires continuent dans leur démarche -pourtant illégale selon la majorité des légistes- l’élection d’un nouveau président devrait avoir lieu dans les prochains jours.

Un président illégitime pour l’une des institutions les plus vitales de la république à quelques mois d’une élection présidentielle sensible, à laquelle la candidature du chef de l’Etat, au pouvoir depuis 19 ans, est toujours incertaine.

  • «Bouteflika ne sera pas candidat pour un cinquième mandat»

«C’est la rumeur qui court dans les couloirs du FLN et qui divise: Bouteflika ne veut pas se porter candidat pour un cinquième mandat» affirme une source se disant bien informée. La confusion et le flou planent sur les structures de l’ancien parti unique, qui s’interroge notamment sur les aboutissements d’une transition incertaine.

  • «Said Bouhadja a cru pouvoir peser sur cette transition»

Selon notre source, les déplacements et les rencontres de Said Bouhadja à l’étranger, ainsi que ses relations à l’intérieur de l’APN et au FLN, ont alerté plusieurs autres poids lourds du système autant dans les rangs de son parti que chez son allié stratégique le Rassemblement National Démocratique (RND) dont le secrétaire général, Ahmed Ouyahia est premier ministre. Un accord a été trouvé pour l’évincer avec la bénédiction de la présidence.

Faire partie de l’après Bouteflika

Tous les poids lourds du système en place veulent préserver le statu quo pour garder leur positionnement acquis grâce à plusieurs années de lutte intestine. Mais la situation se complique sans la volonté de Bouteflika de briguer un cinquième mandat.

Cependant, le système se métamorphose et se prépare à cette probabilité. Si le système Bouteflika est amené à céder le pouvoir, il est préoccupé par une transition souple et une sortie garantissant ses intérêts. Seuls ceux qui jurent et prouvent fidélité vont être épargnés par la purge.

La purge concerne toutes les institutions de l’Etat :  de l’armée à la sûreté nationale et jusqu’à l’Assemblée Populaire Nationale.

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