Dr Rachid Halet membre du présidium du FFS
Dr Rachid Halet membre du présidium du FFS

Dans une déclaration rendue publique, ce matin, Rachid Halet, qui vient d’être exclu des rangs du FFS, a dénoncé de graves dérives au sein du vieux parti de l’opposition. Dr Halet a commencé à dénoncer « le putsch exécuté par trois membres de l’instance présidentielle du FFS contre ma personne », avant de révéler de moult coups de force orchestrés par “une clique” au sein du FFS. il a rappelé, dans la déclaration, qu’il est membre de l’instance présidentielle du FFS, « cette instance a été élue au cinquième congrès du parti en mai 2013 sur une liste unique et fermée, a-t-il précisé. « Les trois membres de l’instance présidentielle responsables du putsch contre ma personne sont : Chérifi Mohand Amokrane, Ali Laskri et Aziz Balloul », a écrit Halet, précisant que seule, Melle Ichalamen Saida, également membre de cette instance a refusé de tremper dans le complot qui se préparait contre moi depuis plusieurs mois ». « Par contre, souligne-t-il, ils ont reçu le soutien clanique et intéressé du coordinateur du comité d’éthique, Karim Balloul, cousin de Aziz Balloul ainsi que d’une conseillère de l’instance présidentielle. Cette conseillère, Salima Ghezali, journaliste rémunérée à Libre Algérie, journal du parti a joué un rôle très actif dans le clan responsable du putsch. J’ajoute qu’à ma connaissance, elle n’a jamais été  militante du parti ».

Le rôle joué par la commission de médiation

La déclaration virulente de Rachid Halet souligne, par ailleurs, que « pour exécuter cette machination, les putschistes ont actionné la commission de médiation et de règlement des conflits qui a siégé en commission de discipline. Cette commission a été saisie illégalement par les trois membres putschistes qui se sont constitués en instance dans l’instance présidentielle et ont exercé des pressions intolérables, contraires à l’éthique et honteuses sur certains membres de la commission. Au final et pour l’honneur de cette commission et du conseil national, dont elle est issue, trois membres sur onze ont résisté et refusé le putsch ».  Pour lui, « cette commission n’a ni le pouvoir, ni les compétences statutaires de se saisir d’un dossier disciplinaire concernant un membre de l’instance présidentielle, et à plus forte raison de statuer sur ce dossier », ajoutant que « ce dossier est basé sur des accusations mensongères et sans aucune consistance et que les faits qui me sont reprochés relèvent du débat politique au sein du conseil national et du parti en général, si ce n’est de l’opinion publique ». « Les putschistes qui se sont érigés en direction parallèle m’accusent de travailler contre le parti, mais en fait ils se sont constitués en noyau de désunion et de déstabilisation du parti », a encore accusé Halet, avant d’ajouter que la stabilité qu’ils veulent et qu’ils mettent en avant « est une stabilisation à leur seul profit personnel. Ils ont malheureusement été suivis dans cette voie par certains responsables à l’échelle nationale et à l’échelle de certaines fédérations et de quelques sections. La stabilité dont ils se réclament est la stabilité des cimetières. Il n’y a aucune raison qui justifie d’arrêter ou d’empêcher la prise de conscience au sein de la militance. Il est important que les militants aient connaissance des enjeux et des objectifs véritables poursuivis par les auteurs et les acteurs du putsch. Il est important que les militants évaluent l’importance vitale d’une résistance au putsch pour l’avenir immédiat et plus lointain du parti. Résister au putsch aujourd’hui c’est réunir les conditions d’un renouveau et d’un renforcement du FFS sur la scène politique et dans la société ». « Ce que ces putschistes recherchent véritablement c’est un pouvoir sans partage et sans limites sur l’appareil du parti. Pour cela, ils violent, ils piétinent,  ils enfreignent les statuts du parti et le fonctionnement régulier des instances. Ils se sont constitués en police politique au sein de l’appareil et stérilisent toutes les énergies et les initiatives », accuse-t-il encore avant de révéler que des militants ont déjà eu à subir leurs foudres pour avoir eu le courage de dénoncer le putsch. Des fédéraux sont instruits pour suspendre les opposants au putsch. « La doctrine des putschistes en cette matière c’est « le grand silence dans le grand secret » (la presse et les réseaux sociaux sont interdits à l’expression libre des militants, pour les faire taire et pour que ne soient pas révélés leur petits et grands secrets) », souligne Dr Halet.

Un rapprochement avec le pouvoir ?

La raison de cet acharnement, selon le rédacteur de la déclaration « est le contrôle des échéances électorales à venir, nationales et locales, par les putschistes », afin « de récompenser  leurs clientèles, assurer leur hégémonie sur le prochain congrès du FFS et monnayer leur soutien à l’occasion de la succession du chef de l’Etat en 2019 », en vue « d’un rapprochement probable avec certains segments du pouvoir ». « Malgré leurs dénégations, les missions de Messieurs Tamadartaza et Chabati sont symptomatiques et révélatrice », informe-t-il, ajoutant qu’un sénateur du FFS « ne peut pas jouer le facteur de A. Bouteflika auprès de Hollande ». Idem pour le député qui s’était rendu au siège de dans une mission officielle du parlement, vu la position critique et constante du FFS à l’égard de l’Otan.  « La crise ouverte par le putsch de l’instance parallèle qui gère actuellement le parti (Mohand Amokrane Chrérifi, Ali Laskri, Aziz Balloul, Karim Balloul, Salima Ghezali et Chafaâ Bouaiche…), sera destructrice et durable si les instances du parti ne réagissent pas », prévient Halet, indiquant que la neutralisation et le départ de cette clique constituent l’alternative nécessaire et salvatrice pour le parti et peut être pour le mouvement démocratique en Algérie, le consensus national et l’Etat de droit, avant d’appeler les militants à refuser le putsch, à lutter pour le respect et l’application impartiale des statuts du parti, à enraciner une pratique politique libre et effective au sein des structures et des instances du parti.

 

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