Abdelaziz Bouteflika
Abdelaziz Bouteflika

Les couloirs du parlement algérien font écho d’un nouveau coup de théâtre en préparation du cinquième mandat du chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika. La chambre basse du parlement  a eu un nouveau président dont la légitimité est sérieusement mise en cause. Un forcing qui a amené les députés à cadenasser la porte de l’Assemblée Populaire Nationale (APN), pour empêcher son président Said Bouhadja d’accomplir ses tâches puis annoncer la vacance du poste.

Mouad Bouchareb a été élu nouveau président de l’Assemblée Populaire Nationale (APN). Aussi illégitime qu’il soit, Mouad Bouchareb serait un président provisoire pour faire passer la loi des finances 2019 avant une dissolution du parlement qui serait programmée par le chef de l’Etat.

La manœuvre vise selon nos sources à gagner du temps et mettre de l’ordre dans les rouages du système qui s’est fractionné entre pro et anti cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, tout en évitant une loi des finances passée par ordonnance.

Le scénario d’un coup de théâtre

Selon des sources très bien informées interrogées par Observ’Algérie, Said Bouhadja a été déboulonné «en urgence» pour avoir pris position contre le cinquième mandat de Bouteflika. Mouad Bouchareb serait élu pour faire passer la loi des finances 2019 sans recourir à une ordonnance du chef de l’Etat. L’actuel président de la chambre basse du parlement devrait céder son poste dans quelques semaines, une fois sa tâche accomplie.

Selon les mêmes sources citant des députés influents de la majorité, le parlement algérien sera dissous pour permettre un report de l’élection présidentielle de 2019.

Le flou règne au plus haut sommet de l’Etat dans un contexte d’une lutte des clans acharnée, impliquant le tout puissant vice ministre de la défense et chef d’Etat-Major Gaid Saleh.

De la continuité de Abdelaziz Bouteflika sans élection présidentielle

La dissolution du parlement par le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika va lui permettre de rester dans son poste de président de la république pour deux autres années en reportant l’élection présidentielle pour organiser des élections législatives anticipées.

Insinuée par le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens, Abdelmadjid Sidi-Saïd, dans des déclarations à la presse, plusieurs poids lourds du système Bouteflika y croient. Selon le SG de l’UGTA: «on a pas à parler d’un cinquième mandat mais d’une simple continuité du président de la république pour accomplir sa mission».

Ahmed Ouyahia passe à la trappe

Après Said Bouhadja, le nouvel homme à abattre politiquement, serait le premier ministre en poste et secrétaire général du Rassemblement National Démocratique (APN). Attaqué par l’un de ses ministres régaliens. Le très proche du cercle étroit de la famille Bouteflika, Tayeb Louh en l’occurrence, ministre de la Justice, garde des Sceaux.

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