L’éviction du président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Ali Haddad, par le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune à l’Institut supérieur de la sécurité sociale (ISSS) a fait les choux gras de la presse nationale depuis samedi dernier.

Que s’est-il passé exactement et pourquoi M Tebboune a réagi de la sorte ? Ali Haddad a-t-il été invité par le Premier ministère à prendre part à la remise des diplômes de cette prestigieuse école ? Pourquoi le secrétaire générale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Said, a quitté les lieux et pourquoi s’est-il réuni aujourd’hui à l’hôtel El-Aurassi d’Alger avec d’autres organisations patronales qui font partie, comme l’UGTA et le FCE, des signataires du Pacte national économique et social de croissance, pour constituer un bloc ?

Selon une source bien informée, la sortie du Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune à Alger n’avait aucun caractère patronal, encore moins son escale à l’ISSS de Ben Aknoun où il devait assister à la sortie de la première promotion de cet établissement.

A sa sortie de la ville de Sidi Abdellah, M Tebboune a été informé que le secrétaire générale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Said était sur les lieux et était invité par le ministre du Travail, donc un membre du gouvernement.

Que de plus naturel que la Centrale syndicale assiste à un évènement qui relève du monde du travail.

Mais, le Premier ministre sera informé que le patron de la puissante organisation patronale (FCE), en l’occurrence M Haddad, était également sur les lieux.

Habitué, à l’époque de l’ex-Premier ministre Abdelmalek Sellal, à marquer sa présence sans être invité, M Haddad s’est alors rendu à l’ISSS.

Cette présence n’a pas été du goût de M Tebboune qui instruit ses services à inviter le patron du FCE à quitter les lieux, sachant que le Premier ministre avait affirmé, dès son investiture, que «le politique et l’affairisme, c’est fini !».

Devant cette attitude, le secrétaire générale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Said, pique une colère noire et se solidarise avec le patron du FCE et quitte, lui aussi, les lieux.

Les deux parties, à savoir le FCE et l’UGTA, multiplient les contacts et s’arrangent à riposter lors d’une rencontre organisée à l’hôtel El-Aurassi.

En l’interpellant sur le comportement de M Tebboune, le FCE et l’UGTA mettent le chef de l’Etat devant le fait accompli alors que le patron du FCE n’était, finalement, pas invité à la cérémonie de l’ISSS de Ben Aknoun.

TARIK LAMARA