Le premier ministre, Ahmed Ouyahia, s’est vu rappelé à l’ordre par le chef de l’État Abdelaziz Boueflika, qui a annulé certaines décisions prises par le premier dans une correspondance datée de jeudi dernier, selon ce que rapporte le quotidien arabophone El-Khabar ce dimanche.

Selon la même source, la présidence de la république a ainsi adressé une correspondance au gouvernement jeudi dernier, dans lequel elle informe les membres de l’exécutif dirigé par Ouyahia de l’annulation des décisions prises dernièrement par le Conseil des participations de l’État (CPE), parmi lesquelles notamment l’ouverture du capital des petites et moyenne entreprises publiques au secteur privé.

Par ailleurs, le ministre de l’industrie, Youcef Yousfi, a déclaré ce dimanche depuis Relizane que la décision d’ouverture du capital des entreprises publiques au secteur privé devait être soumise à l’approbation préalable du chef de l’État. Le chef de l’État a ainsi notifié les membres du gouvernement de cette nécessité, a ajouté le même ministre.

De son côté, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, a également déclaré que les décisions économiques relevaient des prérogatives du chef de l’État. « Nous sommes fier du fait que ce soit le président de la république qui prenne les décisions économiques » a dit Sidi Saïd qui, rappelons-le, avait pris part à la réunion tripartite du 23 décembre 2017 lors de laquelle l’ouverture du capital des entreprises publiques avait été évoquée. Sidi Saïd n’a par ailleurs pas souhaité commenter la correspondance adressée par la présidence au gouvernement.

Un scénario à la Tebboune ? :

Il est à noter que ce recadrage du premier ministre par le chef de l’État n’est pas sans rappeler le scénario de l’éviction de l’ex-premier ministre Abdelmadjid Tebboune, qui avait également été rappelé à l’ordre sur plusieurs décisions qu’il avait prises, avant d’être remercié et remplacé le 15 août dernier par l’actuel premier ministre Ahmed Ouyahia. Ainsi, si rien ne dénote une intention du chef de l’État d’évincer son premier ministre, plusieurs sources n’hésitent pas à parler d’un scénario à la Tebboune. Affaire à suivre…