L’annonce du ministre des finances Abderrahmane Raouia à l’occasion d’une réunion entre les ministres des finances des pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) et le Fond monétaire international (FMI) qui s’est tenue à Dubaï (Émirats Arabes Unis), devrait impacter considérablement le pouvoir d’achat des citoyens algériens.

Comme nous l’avons rapporté dans nos éditions précédentes, le ministre des finances a annoncé que l’Algérie devrait mettre fin aux subventions d’essence à partir de l’année prochaine, et ne subventionnera plus les autres produits à partir de 2020. Ainsi, si le litre d’essence est en moyenne fixé à 35 dinars en 2018, il risque de passer à 125 DA/litre, si l’annonce du ministre s’avère vraie.

Riche des ressources d’énergies fossiles, l’Algérie pratique actuellement le prix le plus bas des carburants dans la région du Maghreb en subventionnant 72% du prix réel d’essence soit 90 DA par litre payés par la caisse de l’Etat. Au Maroc le prix d’un litre d’essence est fixé à environ 85 DA/litre et en Tunisie à environ 67 DA.

Si l’Etat algérien coupe toutes les subventions des autres produits de première nécessité à partir de 2020 comme l’indiquent les déclarations de Abderrahmane Raouia, le prix de la baguette de pain risque de se voir multiplier par quatre, alors que le salaire minimum garanti risque de stagner dans les limites des 18000 DA (Environ 120 euros). Un revirement de la politique socio-économique en Algérie qui remettra en cause la paix sociale achetée pendant plusieurs années grâce à une générosité démesurée de l’Etat algérien grâce aux recettes du pétrole.