Tayeb Louh s’en est pris à son chef hiérarchique Ahmed Ouyahia, sans aller jusqu’à citer son nom, lors d’un meeting animé lundi à Oran. Le ministre de la justice a tenu pour responsable Ahmed Ouyahia d’une injustice dont ont été victimes les cadres de l’État dans les années 1990.

Observ’Algérie s’est rapproché d’un conseiller au gouvernement, d’un député à l’Assemblée Populaire Nationale (APN) et d’un ancien sénateur afin de comprendre les dessous de cette affaire.

Selon un conseiller au sein du gouvernement: « ce conflit n’a pas de sens. Le ministre  de la justice ne devrait pas critiquer son chef du gouvernement, ils font équipe dans le même l’exécutif. Critiquer le Premier ministre; remettra en cause sa politique et celle de son gouvernement.» plus étonnant encore, notre interlocuteur nous informe que :« les deux hommes peuvent être appelés à faire compagne, pour le même candidat, à savoir Abdelaziz Bouteflika». Cela ne rimerait à rien de «se tacler» selon lui.

Les sénatoriales: une étape décisive

Observ’Algérie a également demandé le décryptage d’un député à l’assemblée populaire nationale, selon lequel: « cette petite prise de bec serait pour le replacement sénatorial. C’est pour le renouvellement du tiers des membres du Sénat que le RND et le FLN se clachent ». C’est dans cette optique que le député voit les choses : « les sénatoriales  interviendront à trois (03) mois de l’élection présidentielle de 2019, et le conseil de la nation aura une importance cardinale dans la politique du pays».

Deux éventuels successeurs de Bouteflika ?

Par ailleurs, un ancien sénateur estime que : « cette guerre entre les deux hommes politiques serait  le début d’une éventuelle « concurrence entre les deux futurs candidats à l’élection présidentielle de 2019″» . Nous apprenons également que : «Si Abdelaziz Bouteflika ne souhaiterait  pas se présenter pour un cinquième mandat, les deux hommes désiraient se porter candidats aux présidentielles. Une info selon laquelle Tayeb Louh serait le prochain président avait, d’ailleurs, bien circulé l’été passé». Nous avoue-t-il .

« D’un autre côté Ahmed Ouyahia s’est, depuis toujours, vu à la tête de l’Etat. Son seul concurrent c’est Abdelaziz Bouteflika. Si ce dernier, ne compte pas briguer un cinquième mandat, Ouyahia sera le premier à annoncer sa candidature soutenue par le Rassemblement Nationale Démocratique (RND)».