Photo : Saïd Bouhadja
Photo : Saïd Bouhadja

Après une réunion,  les représentants du bureau de l’APN ont déclaré vacant le poste de président  de l’Assemblée -encore- occupé par Said Bouhadja. Observ’algérie a donc contacté l’avocat et l’ex-Président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), Maitre Faouk Ksentini, dans le but de voir plus clair dans l’affaire Bouhadja.

 

Le bureau a déclaré vacant le poste de président de l’assemblée populaire nationale, selon l’article 10 du règlement intérieur. Mais Bouhadja, est empêché de force de rejoindre son bureau, l’article s’applique-t-il quand même ?

Maitre Faouk Ksentini : «Personnellement, j’estime que ce qui se fait  n’est pas à la hauteur de cette institution. Les députés n’ont pas à cadenasser les portes, ni à se mettre sur le chemin du président de l’APN pour l’empêcher d’accéder à son bureau.  D’un autre côté  je comprends parfaitement la position de Bouhadja, une institution aussi importante ne peut pas être décapitée avec autant de facilité. C’est une institution fondamentale dans un pays, elle doit pouvoir résister aux menaces et aux attaques qui entravent  le bon déroulement de son activité ».

Selon vous,  la résistance de Bouhadja est justifiée  ?

MFK: «  C’est son droit le plus absolu. Cela dit pour répondre à la question, il faut bien comprendre tout ce qui se passe et depuis le début. Or, en trois semaines de crise, c’est le désarroi total. Nous ne comprenons pas de quoi il s’agit, si c’est un problème d’ordre administratif ou  plutôt politique. Ça  obscurcit le débat et ça rend les choses encore plus difficiles qu’on le pensait. »

« D’ailleurs, personne ne sait vraiment, pourquoi les députés veulent le départ de Bouhadja. On ignore ce qu’ils lui reprochent. Et pourquoi -paradoxalement- d’autres partis ne lui reprochent rien. L’opinion publique est totalement désorientée.  Pire encore, l’opinion internationale est déboussolée. Ça commence à se corser, sur le plan international. Les activités sont gelées, des événements internationaux ont été annulés sans explications, l’heure est grave. »

Quel serait le meilleur scénario pour vous, afin que tout rentre dans l’ordre ?

MFK: « à mon avis, qu’il faut qu’il trouve un arrangement commun. Il y aura des concessions des deux côtés  pour le bien de l’institution. Cette crise a souillé l’image de l’APN, ll faut que les  parlementaires redonnent à l’assemblée populaire nationale sa souveraineté et sa noblesse. Ce différend doit être traité avec plus  d’élégance et donner plus d’importance à la chambre basse.»

«Le meilleur scénario pour moi serait de maintenir Bouhadja à son poste, d’ouvrir le dialogue avec ses députés, et qu’ils se mettent d’accord pour retarder la démission du président de deux ou trois mois. Ce qui est urgent pour le moment, c’est de relancer l’activité de l’APN. »