Ferhat Mehenni, leader du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK) et de l’Anavad (Gouvernement Provisoire de Kabylie) qu’il a fondé lui même en 2010 à Paris (France), a franchi le pas dans un discours prononcé lors d’une conférence animée à Londres. Il a clairement appelé les Kabyles à prendre les armes et constituer un «corps de sécurité Kabyle» dans l’objectif d’acquérir «l’indépendance de la Kabylie».

«Pour que cette indépendance devienne une réalité, j’appelle la Kabylie, le peuple Kabyle à accepter de bonne grâce et en toute conscience la mise sur pied d’un corps de contrainte, d’une organisation de sécurité de la Kabylie» a déclaré Ferhat Mehenni devant ses militants au Royaume Uni. L’ancien chanteur engagé,  fondateur du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), animateur du Mouvement Culturel Berbère et autonomiste converti en indépendantiste, mais jusque-là pacifiste, monte d’un cran et lance un appel aux jeunes Kabyles pour s’engager dans une lutte armée.

Ferhat Mehenni se compare à Charles de Gaulle et cite l’appel que ce dernier  a lancé depuis Londres pour libérer la France de la colonisation Nazie. Il appelle clairement les «jeunes Kabyles à s’engager dans ce corps de sécurité» pour «asseoir une autorité Kabyle et supplanter l’autorité algérienne». L’appel suscite d’ores et déjà la polémique et l’indignation en Kabylie.

La sortie du leader de la mouvance indépendantiste Kabyle intervient dans un contexte d’une fragilisation de sa base militante, causée par des dissidences au sein de son mouvement ainsi que la fondation de deux nouveaux mouvements concurrents en Kabylie. À savoir l’Union pour la République Kabyle (URK) prônant l’indépendance de la Kabylie et le Rassemblement pour la Kabylie (RPK) revendiquant quant à lui l’autonomie de la Kabylie.