Le Centre pour enfants assistés de Hamma-Bouziane, dans la wilaya de Constantine, est au coeur d’un scandale de taille, suite à des révélations sur des viols et des châtiments corporels qui sont infligés aux enfants qui s’y trouvent.

En effet, selon ce que rapporte le quotidien francophone « Liberté », une enquête ouverte par les services de sécurité a révélé des faits très graves sur les conditions de vie des enfants au sein dudit centre d’accueil. Plusieurs responsables de l’établissement, dont le directeur, ont été auditionnés pour des actes d’intimidation, des châtiments corporels et des abus sexuels sur les enfants accueillis dans ce centre, rapporte la même source.

« Nous étions maltraités, livrés à nous-mêmes, on nous volait nos affaires et on vivait pratiquement grâce aux dons des bienfaiteurs. Le centre de Ziadia, où nous étions hébergés avant d’être transférés à Hamma-Bouziane, était un lieu de vente et de consommation de drogue, et ce, au vu et au su de tous. Le directeur autorisait des personnes étrangères au centre à accéder à l’établissement et à bénéficier des dons destinés aux enfants » a ainsi témoigné l’un des enfants pensionnaires de ce centre, aujourd’hui âgé de 17 ans, et qui a décidé, en compagnie de deux autres, de porter plainte auprès du procureur de la république près le tribunal de Ziadia. « J’ai été victime d’abus sexuels et j’ai assisté à des scènes où d’autres enfants l’ont été également. J’avais 13 ans et je ne pouvais rien faire, il n’y avait personne pour nous défendre, car certains éducateurs étaient complices » a déclaré une autre victime. « On abusait de nous, on nous frappait et on nous maltraitait » révèle une troisième.

Ces faits d’une extrême gravité n’étaient pas seulement connus du directeur et des employés, mais également au niveau de la Direction de l’action sociale (DAS) de la wilaya de Constantine, qui n’a pourtant pris aucune mesure pour y mettre fin, révèle le quotidien précédemment cité. Plus grave encore, la Directrice de l’action sociale de la même wilaya aurait contribué à couvrir ces pratiques, en prêtant main forte au directeur du centre qui a décidé de transférer 18 enfant vers d’autres centres d’accueil, pour les éloigner et les dissuader de se plaindre auprès des autorités.

« Je ne suis pas au courant de l’existence d’une enquête judiciaire déclenchée par les services de sécurité à ce sujet » soutient toutefois la responsable citée. Pour sa part, le directeur du centre éclaboussé par ce scandale a soutenu qu’il s’agissait là d’une manipulation fomentée dans le but de lui porter atteinte et de porter préjudice à sa personne.