La polémique enfle en Algérie. Tamazight devenue langue officielle depuis le dernier amendement de la constitution par le chef de l’Etat Abdelazize Bouteflika, peine à trouver sa place. Son enseignement facultatif lié à «la demande sociale» depuis les acquis de la grève de cartable dans les milieux des années 90 et le printemps noir en Kabylie au début des années 2000, reste un véritable obstacle devant sa généralisation.

En effet, un sit-in a été organisé par les parents d’élèves de l’école primaire Benchouibe Rachid dans la wilaya de Jijel située au nord-est du pays à environ 314 km à l’est d’Alger, pour contester contre l’enseignement obligatoire de Tamazight à leurs enfants.

Choisie comme une wilaya pilote pour la généralisation de l’enseignement de Tamazight, l’académie de Jijel a sélectionné l’école en question pour véhiculer l’expérience.

Selon des parents d’élèves contestataires qui s’exprimaient devant les journalistes présents sur place: «l’enseignement obligatoire de Tamazight doit s’appliquer sur tous les élèves du territoire national» et non seulement sur la classe de leurs enfants. Ils dénoncent également un programme déjà chargé.

D’autres parents vont plus loin et se demandent sur «la valeur ajoutée de Tamazight» et se disent «contre l’enseignement de cette langue» à leurs progénitures.

Sur les réseaux sociaux, une véritable bataille rangée est engagée entre les défenseurs de Tamazight et la généralisation de son enseignement et les arabo-islamistes qui s’opposent à son épanouissement.

Nouria Benghabrit et son ministère de l’éducation nationale déterminés à généraliser l’enseignement de Tamazight

Par ailleurs, interrogée sur le statut facultatif de l’enseignement de Tamazight ainsi que la décision d’une direction d’un CEM de vouloir soumettre aux parents un document leur demandant s’ils souhaitaient que Tamazight soit enseigné à leurs enfants. Mme nouria Benghabrit, ministre de l’éducation nationale a soutenu la volonté politique du gouvernement algérien à rendre l’enseignement de Tamazight obligatoire sur l’ensemble du territoire national.

Le ministère de l’Education nationale a précisé mercredi dans un communiqué que « la circulaire ministérielle régissant l’enseignement de la langue amazighe, selon laquelle les parents d’élèves ne sont tenus de signer aucun formulaire concernant l’inscription de leurs enfants pour apprentissage de tamazight, est toujours en vigueur ».

Publié par la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit sur sa page Facebook, le communiqué précise que « le ministère porte à la connaissance des membres de la communauté éducative que la circulaire ministérielle n 631-2004 régissant l’enseignement de la langue amazighe dans les établissements éducatifs, laquelle stipule clairement que +les parents d’élèves ne sont pas tenus de signer aucun formulaire concernant l’inscription de leurs enfants pour apprentissage de tamazight+, est toujours en vigueur ».

La ministre a, dans ce contexte, tenu à préciser que « les informations selon lesquelles un directeur d’établissement éducatif aurait demandé à des parents d’élèves de signer des formulaires dans ce sens, rapportent une initiative individuelle qui n’engage que ce dernier ».

Lire également: Document: Le port du short interdit en ville à Jijel