Holli Festival des couleurs à Béjaia : Les islamistes ont-il eu la main forte ?
Holli Festival des couleurs à Béjaia : Les islamistes ont-il eu la main forte ?

L’annulation du Holli Festival des couleurs à Béjaia, qui, dans ses deux précédentes versions de 2015 et 2016 dans la même wilaya de Kabylie, ne cessait de provoquer l’ire des islamistes et conservateurs algériens, suscite plusieurs interrogations, d’autant plus que l’annonce n’est faite que deux jours avant le rendez-vous.

Contactés par Observ’Algérie, les organisateurs ont expliqué l’annulation du Holi festival prévu au port de plaisance de Tala Ilef à Béjaia demain 12 Aout, par « l’indisponibilité d’un dispositif de sécurité officiel lors de cet événement» sans expliquer les motifs d’une telle absence.

Si les raisons sont liées directement à la sécurité, les tenants de la propagande contre ce festival ne peuvent que s’en féliciter, mais devrons-nous tirer la sonnette d’alarme sur la capacité des cercles islamistes à imposer leur dictât et empêcher la tenu des activités qui leur semble contraire à leur idéologie ?

En effet, des médias de masse très influentes sur l’opinion publique algérienne, n’ont pas cessé d’indexer les initiateurs de ce festival comme des individus « encourageant les jeunes algériens à la déviance de leur religion, tradition et coutumes », et le « festival comme une tradition Hindoue non-musulmane, contraire aux préceptes de l’Islam ».

À titre d’exemple, le très controversé média arabophone « Ennahar » a ainsi publié ce vendredi un article dans lequel il explique l’annulation de ce festival par une supposée opposition de la population de Béjaïa vis-à-vis de cet événement. « La décision de l’annulation est venue après que ledit festival ait soulevé une vaste polémique chez les habitants de « Yemma Gouraya », dont beaucoup l’ont refusé et considéré inapproprié à la capitale des Hammadites » écrit ainsi ce média, dont les affirmations sont tout à fait contraires à ce qu’ont affirmé les organisateurs du festival.

extrait de l’article d’Ennahar

De l’autre côté, le camp progressiste voyait dans ce festival un symbole de liberté d’une jeunesse qui cherche la joie et la vie, une rébellion contre les «règles imposées par les gardiens du temple».

L’«annulation de ce festival ne peut être qu’une preuve de la puissance idéologique de l’islamisme pourtant vaincu durant la décennie noire» s’insurge un internaute sur twitter, alors que d’autres internautes se félicitent de cette annulation.

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