Ouïghours: la Chine reconnaît le recours à des camps de rééducation au Xinjiang

Après avoir nié l’enfermement d’au moins 800 000 citoyens musulmans dans le Xinjiang, les autorités chinoises cèdent et reconnaissent l’existence de ces camps de rééducation. Une situation dénoncée massivement, depuis des mois, par les ONG des droits de l’homme et les médias.

Durant des mois, Pékin a nié en bloc l’existence de camps de détention de musulmans au Xinjiang. Étonnement, le Parti communiste chinois a rapidement changé de discours et tenté de justifier l’enfermement d’au moins 800 000 personnes, toutes issues de l’ethnie Ouïghoure, en proposant des amendements à la loi «anti-extrémisme».

Ces nouveaux textes de loi cherchent à donner un cadre légal à l’utilisation de ces centres de détention baptisés désormais des centre  pour « éduquer et transformer» les personnes influencées par une «idéologie extrémiste» et leur offrir des «opportunités d’emploi».

Selon de multiples témoignages et enquêtes, environ 10 % de la population issue des minorités musulmanes de la région, serait détenue dans des centres (visibles sur des images satellite). Le gouvernement prétexte une lutte antiterroriste, mais des milliers de citoyens sont arrêtés et placés dans des centres de détention sans limite de durée, dans des cellules surpeuplées et soumis à un lavage de cerveau .

La nouvelle réglementation entrée en vigueur, mardi 9 octobre, reconnaît que ces centres existent puisqu’elle autorise, dans son article 33, la mise en place « des centres de formation professionnelle », afin  d’éduquer et de transformer les personnes qui ont été influencées par l’extrémisme  et de les aider à transformer leurs pensées et à revenir dans la société ou leurs familles.