Mariages homosexuels en Algérie : voici comment on s'y prend
Mariages homosexuels en Algérie : voici comment on s'y prend

L’homosexualité est encore un sujet tabou en Algérie, et est considérée dans les textes de loi comme un délit passible d’une peine d’emprisonnement et d’une forte amende. À l’occasion de la journée nationale de la solidarité de la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) algérienne, célébrée le 10 octobre, des membres de cette communauté ont décidé de livrer leurs témoignages, et révèlent notamment comment ils s’y prennent pour se marier.

« J’ai fini par trouver un gay. Je l’ai rencontré il y a deux ans grâce à un ami. Il a fait les présentations et le courant est très bien passé » déclare ainsi Amel (*), 31 ans, qui explique comment les mariages de convenance, appelés « mariages rainbow », servent d’alternative aux homosexuels en Algérie pour fuir la pression sociale à laquelle ils doivent faire face. « La première chose qui a été claire entre nous, c’est le désir d’enfant. Je lui ai dit que je cherchais un père pour mes enfants et que c’était le but de ce mariage. Être une femme en Algérie est déjà difficile, alors être mère célibataire est encore plus dur » explique-t-elle.

« On va (…) faire une sorte de famille homoparentale. Rien ne m’oblige à avoir une sexualité, nous sommes d’accord là-dessus. Je compte faire une insémination artificielle. Ma gynécologue sait que je suis lesbienne et m’a dit qu’elle allait tout organiser. Elle connaît toute l’histoire » a-t-elle encore détaillé. Amel explique les raisons ce choix par son désir de diminuer la pression à laquelle elle doit faire face, notamment du côté de sa famille. « Quand je sortais avec des copines, elle (sa mère, ndlr) appelait tout le temps pour savoir où j’étais, avec qui, si elle les connaissait. Maintenant, elle ne me prend plus tête. D’ailleurs, à l’avenir quand je sortirai avec des filles, je lui dirai que je sors avec lui (son conjoint, ndlr) comme ça elle n’appellera plus ! » dit-elle. Farid (*), fiancé à Amel (*), est lui aussi homosexuel, mais le but de leur mariage, comme l’explique la jeune femme, est de permettre à chacun de mener sa vie avec moins de pression de la part de la société algérienne, où l’homosexualité fait partie des sujets les plus tabous. « Je n’ai pas peur. On est obligé de vivre dans le mensonge à cause de la société. Quand on ne peut pas avoir ce qu’on veut, on prend ce que l’on peut. » conclut la jeune femme.

(*) Les prénoms ont été changés.

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