Chrétiens de kabylie prient en pleine rue
Chrétiens de kabylie prient en pleine rue

Des chrétiens algériens de la région d’Akbou à 70 KM du chef lieu de la wilaya de Béjaia en Kabylie, étaient contraints de prier en pleine rue suite à la fermeture de leur lieu de culte par les autorités locales. En effet, les fidèles de l’église protestante du village du Colonel Amirouche (Ex-Riki), ont observé la prière de samedi sous une tente à proximité de leur lieu de culte mis sous scellé par les forces de securité sous ordre du nouveau Wali de Béjaia.

Un activiste de la communauté chrétienne algérienne a mis en ligne sur le réseau social facebook une vidéo (voir Ici) montrant des chrétiens de Kabylie prier en pleine rue. Il dénonce des «fermetures injustes d’églises (…) notamment en Kabylie».

Si la constitution algérienne garantit dans son article 36 la liberté de conscience, ce qui comporte la liberté de culte (dans les limites de la loi), tous les groupes religieux doivent s’inscrire auprès du Ministère de l’Intérieur avant d’entreprendre toute activité et ils peuvent se rassembler seulement dans des lieux approuvés par l’État. La même constitution érige l’islam comme religion de l’Etat dans son article 2, alors que l’article 10 interdit aux institutions de l’État de faire quoi que ce soit contre la morale islamique.

En 2006, le président Abdelaziz Bouteflika a promulgué l’ordonnance 06-03 pour réglementer la célébration des cultes autres que l’islam. L’ordonnance interdit les tentatives de convertir un musulman à une autre religion ou d’« ébranler la foi d’un musulman ». Les Algériens sont passibles d’une amende allant jusqu’à un million de dinars et d’une peine de cinq ans de prison pour l’impression, le stockage ou la distribution de matériel destiné à convertir des musulmans.

Pour rappel, Deux églises ont été mises sous scellés par la force publique sous l’ordre du nouveau wali de Béjaia, au début du mois d’octobre dernier. La dernière en date est l’église « Ville de Refuge » d’Ighram, petite ville limitrophe d’Akbou après celle du village du Colonel Amirouche (Ex-Riki) dans la même région.

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