Farid Bedjaoui
Farid Bedjaoui

Farid Bedjaoui, neveu de l’ancien ministre algérien des affaires étrangères Mohamed Bedjaoui a été condamné à une peine d’emprisonnement de cinq ans et cinq mois par un tribunal de Milan (Italie). Recherché par Interpol et en cavale depuis plusieurs années, il a adressé une lettre aux autorités judiciaires italiennes, dont le contenu a été révélé par le site Maghreb Emergeant.

Farid Bedjaoui, accusé d’avoir perçu pas moins de 197 millions d’Euros de pots-de-vin de la part de la société italienne Saipem, a donné dans sa lettre sa version des faits et tenté d’expliquer sa fuite depuis plusieurs années. « Si ma liberté n’était pas en question, il me paraîtrait inutile de contester cette accusation, puisque seule l’idée est absurde et ne se fond sur aucun élément » écrit-il. « Sans avoir jamais été convoqué précédemment par le Ministère public ou par d’autres, durant le mois de juillet 2013 un mandat d’arrêt international a été émis à mon encontre, qui m’a conféré ipso facto un statut de fugitif aux yeux du monde entier, sur les bases d’une accusation grave (…)  Accusé à priori d’être le grand corrupteur d’un ministre de premier plan en Algérie, en relation aux questions stratégiques qui sont les ressources naturelles du pays, et pour les montants financiers significatifs, ma comparution sereine devant l’autorité judiciaire s’est montrée de suite impossible » a-t-il expliqué.

Des rémunérations légitimes :

Concernant la somme de 197 millions d’Euros qu’il est accusé d’avoir touché sous forme de pots-de-vin, Farid Bedjaoui ne nie pas avoir perçu cet argent de la part de Saipem, mais affirme qu’il s’agissait d’une « rémunération légitime ».« En réalité, la thèse de l’accusation se base sur le montant des sommes d’argent que j’ai perçu, que le Ministère Public ne veut pas croire que ces sommes étaient ou pouvaient être licites, et qu’elles correspondent à une rémunération légitime pour une activité réelle d’agent, mise en place en faveur du groupeSaipem, dans le cadre d’une relation contractuelle formalisée » a-t-il dit dans son courrier, dans lequel il évoque également l’ancien ministre de l’énergie Chakib Khellil. « Je  n’ai jamais nié connaître Monsieur Chakib Khelil, mais il ne m’a jamais fait aucune faveur, ni consenti aucun favoritisme. J’aurais peut-être dû, parce que je le connaissais, refuser d’aider Saïpem, une société à laquelle je n’ai rien demandé et qui est venue me trouver » a-t-il affirmé.