Il y a 20 ans nous quittait Malek Ait Allala: Hommage à un médecin hors-pair
Il y a 20 ans nous quittait Malek Ait Allala: Hommage à un médecin hors-pair

 

«Il y a 20 ans que je suis parti. J’ai changé de monde. J’ai quitté mon fils, ma femme, ma mère, mon père, mes frères, mes sœurs et mes amis pour veiller sur eux du ciel. Ma mission était de sauver des vies, sauver le maximum. J’ai fait de mon mieux. Mon message d’aujourd’hui est: aimez-vous les uns les autres, faites du bien entre vous, ne cessez pas d’espérer une vie meilleure, avancez dans vos projets, vos études, surtout ne vous décourager jamais des difficultés du quotidien. Je vous ai tous aimé sincèrement. Malek Ait Allala».

Ce message émouvant, très émouvant, a été posté, aujourd’hui, par la famille Ait Allala, en hommage au talentueux médecin Malek Ait Allala, disparu il y a 20 ans.

Malek, pour les intimes, a fait un passage honorifique dans le Grand-Alger. Il avait sillonné pratiquement tous les Centre hospitalo-universitaires du Grand-Alger.

Du CHU Mustapha Bacha, à Beni Messous, Zemirli d’El-Harrach, en passant par Bab El-Oued et Douera, Malek a marqué les esprits.

Fin médecin, il aimait son métier et plaçait le malade au-dessus de toutes considérations. Ce qui lui a valu des honneurs des plus grands professeurs de médecine de l’époque.

De jour comme de nuit, Malek ne cessait de lire, de découvrir, de chercher et encore chercher les meilleures solutions et thérapies possible pour soulager la douleur de ses malades.

Sa force de frappe : la bonne humeur. Son inspiration : le sport. Son secret : la lecture et la découverte. Son souci : atteindre, chaque jour, son objectif.

Pour ceux qui s’en souviennent, sa petite citadine, une Peugeot 205, Malek l’avait transformé en «bibliothèque ambulante». Que de revues spécialisées, que de bouquins de médecine et d’encyclopédies médicales et de polycopiés de recherches avancées en médecine moderne.

Son passage inoubliable à la cité universitaire de Beni Messous a été l’une des étapes les plus fortes de sa carrière.

Infatigable, il recevait dans sa chambre au campus, des dizaines d’étudiants curieux d’apprendre. Malek avait alors une main sur un bout de pain et un autre sur le livre. Un œil sur ces médecins qu’il aidait et un autre sur sa feuille de route du lendemain.

Malek avait pour seul Leitmotiv : «vive mon village, Tillilit.». Discret dans son village natal, il conférait un sourire angélique. Il noyait souvent sa noblesse et sa modestie dans ces infinies rencontres de football avec les jeunes de son village, lui qui n’avait pas assez de temps pour apprécier ses rares week-ends avec sa famille et ses amis en Kabylie.

Parti jeune, trop jeune pour un médecin qui pouvait donner plus pour l’Algérie, Malik a laissé son fils, sa femme, sa mère, son père, ses frères, ses sœurs et ses amis «pour veiller sur eux du ciel.»

Mais pas seulement, il a laissé un vide incommensurable pour la Santé en Algérie et la Recherche scientifique.

Il était un modèle. Un idéal pour l’Algérie alors que la conjoncture dictait à tous la prudence. Des milliers d’intellectuels avaient fui le pays. C’était les années de braise !

Malek a choisi d’y rester jusqu’au bout. Il y croyait, car Malek était un symbole de «la famille qui avance».

Repose en paix Malek. Ta grande famille avance !

Tarik Lamara

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