La forêt de Bouchaoui
La forêt de Bouchaoui

Des athlètes, des randonneurs ainsi que des citoyens de l’algérois ont dénoncé, dans une lettre ouverte, le massacre de la forêt de Bouchaoui.

Pour ces citoyens, « il est à craindre que dans peu de temps, faire du jogging ou du running à Bouchaoui ne sera plus qu’un souvenir ». Ils expliquent qu’en « quelques mois, en quelques semaines, ce qui était jadis la Forêt de Bouchaoui a été éventrée, dépecée, morcelée, écartelée, emmurée, polluée, recouverte de gravats… ».

« Des murs, des barrières, des clôtures, des portails ont été édifiés et mis en œuvre en un temps record à la place d’autres murs et d’autres barrières, qui ont été démantelés on ne sait pourquoi (vraiment ?), pour laisser place en définitive à un spectacle hideux et, avec en plus, un rétrécissement irrémédiable de la surface de la forêt ». La lettre signée, par ailleurs par plusieurs associations de sportifs amateurs et qui pratiquent pourtant chaque jour leurs activités sportives sur ce site, unique dans tous l’algérois, soulignent « l’inquiétude qui gagne les rangs de leurs adhérents ainsi que les personnes et familles qui viennent ici pour un moment de détente ».

« La forêt est aujourd’hui encore plus sale et poussiéreuse », relèvent-ils avant d’ajouter que « des pistes de jogging ont été barrées, des accès supprimés, des monticules de gravats et de terre déversés en plein milieu de ces pistes aménagées à grands frais il y a 3 ou 4 ans, alors que dans le même temps le trafic automobile n’a fait que croitre, créant un capharnaüm plus du tout propice ni à la détente, ni au pique-nique, ni au jogging ». Ils dénoncent aussi le fait que les coureurs et les joggeurs sont dans l’obligation « de slalomer au milieu des véhicules et respirer non pas le bol d’air espéré mais les gaz d’échappement des automobiles dont les files sont de plus en plus nombreuses, certains automobilistes empruntant sans vergogne les pistes de jogging caillouteuses ou sablonneuses et soulevant des nuages de poussière ».

Ils ajoutant qu’au « comble de la tragi-comédie, ce sportif peut aussi être amené à courir entre deux clôtures parallèles distantes de 4 m l’une de l’autre comme dans un corridor s’apparentant plutôt à une prison qu’à un lieu de détente et de sport en plein air ». La lettre rappelle que « c’est à Bouchaoui que les athlètes de l’élite et ceux des clubs sportifs venaient et viennent encore s’entraîner et parfaire leurs préparations physiques », regrettant qu’aujourd’hui, « c’est au milieu de la poussière, des gravats de chantier abandonnés pêlemêle, des ordures ménagères et des éternels sachets et bouteilles en plastique que l’on vient se détendre à Bouchaoui ».

« Le cadre naturel se transforme peu à peu en espace à kermesse tout juste propices à installer des buvettes et cafétérias », dénonce encore la lettre avant de s’interroger si, « les espaces expurgés de la forêt situés en dehors de ces nouvelles clôtures sont en chantier. Les terrassements en cours préparent-ils ces terrains ainsi récupérés pour de futurs projets immobiliers ?

Kahina Ouhocine

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