Mohamed Raouraoua n'a pas été réélu
Mohamed Raouraoua n'a pas été réélu

Le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Mohamed Raouraoua, a estimé, aujourd’hui, que le parcours raté de la sélection nationale en Coupe d’Afrique des nations-2017 ne devrait pas occulter ses réalisations.

«Il est vrai que l’objectif tracé pour l’équipe nationale lors de la Coupe d’Afrique-2017 n’a pas été atteint, mais cela ne devrait pas occulter tout le travail que nous avons réalisé lors de ce cycle olympique (2013-2016, ndlr)», a déclaré Raouraoua au cours de l’assemblée générale ordinaire de la FAF déroulée au Centre technique de Sidi Moussa.

Raouraoua, qui a vu ses bilans moral et financier adoptés à l’unanimité, n’a pas caché pour l’occasion sa déception vis-à-vis des attaques dont il a fait l’objet depuis le revers gabonais, en faisant allusion à El Hadi Ould Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports.

«Certains se sont empressés de me fustiger, très souvent d’une manière subjective. Je comprends les critiques quand celles-ci sont d’ordre technique, mais je regrette de constater qu’elles ont dépassé ce cadre pour toucher aux personnes, ce qui est vraiment désolant», a encore déploré le patron de l’instance fédérale.

Ce dernier ne s’est pas gêné dans la foulée pour citer le nom de l’ancienne star du football algérien, Rabah Madjer, comme l’une des personnes auxquelles il faisait allusion.

«L’Algérie est sortie 7 fois du premier tour de la Coupe d’Afrique, sans qu’il y ait tout ce bruit. Madjer lui-même avait connu ce scénario en tant que joueur et entraîneur», a-t-il rappelé.

Il a, par la suite, dénombré les acquis du football algérien au cours des deux mandats qu’il vient d’accomplir à la tête de la FAF, notamment la qualification historique aux huitièmes de finale de la Coupe du monde-2014 au Brésil.

Raouraoua s’est également réjoui d’avoir doté le football national d’infrastructures dignes, à l’image du Centre technique de Sidi Moussa, non sans remercier au passage les pouvoirs publics pour les efforts consentis dans la réalisation d’un tel édifice, ainsi que les autres stades en voie de construction, à l’image de Tizi-Ouzou et d’Oran.

Ayant obtenu le quitus de la totalité des membres de l’assemblée générale, Raouraoua a précisé que le futur bureau fédéral aura pour principale mission de lancer d’autres projets importants retenus dans le budget prévisionnel de l’exercice 2017, à l’image de l’hôtel (5 étoiles) de la FAF et du centre médical de football à Sidi Moussa.

Une candidature, un suspense

Le président de la FAF a laissé planer le suspense quant à son intention ou non de briguer un nouveau mandat, au moment où les membres de l’assemblée générale.

Raouraoua, au cours de son discours prononcé pour l’occasion, n’a à aucun moment évoqué les prochaines élections prévues pour le 20 mars, laissant toutefois apparaître des signes de regret, en réaction aux critiques, dont il a fait l’objet depuis l’élimination dès le premier tour de la sélection nationale de la Coupe d’Afrique des nations-2017 disputée il y a quelques semaines au Gabon.

Le premier responsable du football algérien est néanmoins assuré d’ores et déjà du soutien de la majorité écrasante des membres de l’assemblée générale s’il venait de briguer un troisième mandat de suite.

Les applaudissements nourris qui accompagnaient son discours et les marques de soutien que les présents lui ont affichées, laissent penser que l’homme sera en terrain conquis s’il décide de se lancer dans la bataille électorale, estiment les observateurs.

«Je connais très bien mes responsabilités et je n’ai pas besoin d’avoir des leçons de la part de quiconque dans ce registre. En tout cas, mon bilan parle de lui-même», s’est félicité Raouraoua, avant de s’excuser auprès de la presse de ne pouvoir répondre à d’autres questions, dont celle de son avenir à la tête de la FAF qui fait l’actualité avant près de deux semaines de la date butoir du dépôt des candidatures, fixée au 12 mars.

«Arrêtez de critiquer les binationaux !»

Le président de la FAF a, ensuite pris la défense des joueurs de la sélection nationale, notamment les binationaux, malgré l’élimination dès le premier tour lors de la Coupe d’Afrique des nations-2017 au Gabon.

«Je déplore cette campagne menée contre les joueurs de la sélection algérienne, en particulier ceux formés en Europe, après l’élimination au premier tour de la Coupe d’Afrique. Au lieu de remercier ces joueurs pour tous les sacrifices qu’ils font par amour à leur pays, certains sont en train de les descendre en flammes», a regretté Raouraoua lundi dans son discours.

«Ceux qui pensent que des joueurs comme Mahrez et Brahimi viennent en sélection pour de l’argent se trompent énormément, car ce qu’ils gagnent dans leurs clubs leur suffit largement pour mener la belle vie», a ajouté Raouraoua, premier récipiendaire du Grand-Prix international de la bonne gouvernance, décerné à l’occasion par le président de la Fédération internationale anti-corruption sportive, Mourad Mazar.

«C’est connu maintenant. Les joueurs qui composent actuellement notre sélection nationale trouvent plutôt leurs repères dans des compétitions comme le Mondial. En Coupe d’Afrique, ils passent souvent à côté, comme ça a été le cas en 2015 et en 2013 aussi, pour des raisons exogènes», a encore expliqué Raouraoua, qui laisse toujours planer le doute au sujet de sa candidature ou non à un nouveau mandat.

Tarik Lamara/Nassima Benmalek

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