Secouée par une crise financière sans précédent, la compagnie de transport aérien Air France envisage un plan de départs volontaires pour son personnel. C'est ce qu'a indiqué son directeur dans un entretien publié, samedi 25 avril, par le journal français Les échos. Cette mesure entre dans le cadre de la restructuration de la compagnie qui a pourtant annoncé, vendredi, avoir obtenu une aide de 7 milliards d'euros du gouvernement français. 

Sale temps pour la compagnie franco-néerlandaise, Air France, frappée de plein fouet par une crise financière aiguë. Pour y faire face et limiter les dégâts, ses responsables tentent un plan de restructuration qui s'étale sur plusieurs étapes. A cours terme, l'entreprise envisage un départ volontaire à la retraite de son personnel. "Certains personnels d'Air France sont probablement prêts à partir volontairement, si on leur donne la possibilité. La première étape consisterait donc à proposer des plans de départs volontaires", a déclaré, en substance, le directeur général du transporteur aérien, Ben Smith.

Il est à noter que la masse salariale d'Air France a été estimée, en 2019, à 4 milliards d'euros, dont un milliard pour les pilotes. Un accord avait été signé en 2019 pour une augmentation de la rémunération du personnel.

Quelle suite pour les accords de novembre 2019 ?

Le directeur d'Air France a assuré, dans l'entretien qu'il a accordé aux Echos, que les objectifs du plan de transformation lancé en novembre dernier ne changent pas. Mais il entend "accélérer sa mise en œuvre dans deux domaines : la rationalisation du réseau domestique, qui a encore généré 200 millions d'euros de pertes l'an dernier, et la restructuration des fonctions support non-opérationnelles".

Ben Smith rappelle que l'activité d'Air France représente actuellement "plus que 2% à 3% du programme normal d'un mois d'avril". Il a ajouté qu'il n'attendait pas à un retour à la normale avant au moins deux ans pour la compagnie, en fonction "de la réouverture des frontières, mais aussi du temps qu'il faudra à nos clients pour revenir dans les avions". Il souligne, toutefois, que le prêt de l'État français va permettre "de passer la période la plus difficile".

Une plainte à l’horizon

A long terme, Air France, selon les reformes structurelles engagées, a «besoin de règles du jeu et d'une structure de coûts comparables à celles de (ses) principaux concurrents», a dit Ben Smith.

Entre-temps, la compagnie française, à l'instar de beaucoup d'autres, doit trouver le moyen d'éviter la plainte dont elle risque de faire l'objet incessamment. En effet, l’association française de défense des consommateurs "L'UFC-Que choisir" menace d'engager d'ester en justice certaines compagnies, dont Air France et Air Algérie, suite à leur refus présumé de rembourser les billets annulés après la suspension du trafic aérien, en raison de la pandémie de coronavirus. Un ultimatum de 15 jours a été accordé à ces compagnies pour revoir leur décision. Dans le cas contraire, elles seront poursuivies en justice, avertissait cette association vendredi.

Lire aussi : En pleine crise économique, Air Algérie pourra-t-elle rembourser ses clients ?