Le journaliste franco-algérien Taha Bouhafs a porté plainte, vendredi 26 février, contre le polémiste Éric Zemmour. Il lui reproche de l'avoir « insulté », le 30 novembre dernier sur la chaîne CNews, en le qualifiant de militant « indigéniste » et « islamiste ».

Selon le texte de la plainte pour « injure publique », consultée par l'Agence France-Presse, le journaliste franco-algérien de 23 ans reproche à Éric Zemmour d'avoir déclaré, le 30 novembre sur la chaîne CNews : « Monsieur Bouhafs qui s'appelle journaliste et qui est en fait militant (...). Vous allez pas me dire que lui n'est pas un militant, un militant indigéniste, un militant islamiste ». La plainte vise également un responsable de CNews, le directeur de publication du site Internet de la chaîne française.

La plainte déposée par Me Arié Alimi, avocat de Taha Bouhafs, souligne que « ces propos ne peuvent que renvoyer à la vague d'attentats commis dans les semaines précédant la diffusion de l'émission » avec les attaques terroristes commises à Paris, à Conflans-Sainte-Honorine et à Nice.

Pour rappel, Éric Zemmour a été condamné à plusieurs reprises par les tribunaux, entre autres pour « provocation à la haine raciale » et « injures publiques à caractère raciste ». En octobre dernier, l’essayiste de 63 ans avait été condamné pour provocation à la haine, après avoir déclaré à la télévision que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait ». Il fait, actuellement, l'objet d'une nouvelle enquête à Paris après avoir qualifié les migrants mineurs de « voleurs », « assassins » et « violeurs », toujours sur CNews.

Jeudi dernier, le polémiste français avait encore tenu des propos polémiques sur l’Algérie. Lors d’une intervention sur les plateaux de CNews, l’éditorialiste a déclaré que « l’Algérie d’aujourd’hui doit tout à la découverte des ingénieurs français du pétrole du Sahara ». Pour étayer son propos, il souligne que l’Algérie « importe tout. Elle n’a qu’une seule recette d’exportation, qu’est le pétrole. C’est la seule chose qu’elle vend. Elle achète tout le reste ».

Le polémiste fait ensuite un lien étonnant avec la colonisation pour dire que « l’Algérie d’aujourd’hui doit tout à la découverte des ingénieurs français du pétrole du Sahara ».