Le président du Haut conseil islamique (HCI), Bouabdellah Ghlamallah, a fait, mercredi 5 mai, une déclaration qui fait déjà grincer des dents. Intervenant lors d'une cérémonie de célébration du 90e anniversaire de la création de l’Association des oulémas musulmans algériens, il a affirmé qu'« un Algérien ne peut être que musulman ».

Dans une intervention à l'occasion de cette cérémonie, le président du HCI a même insinué que ceux qui n'étaient pas musulmans étaient des résidus de la France coloniale. Beaucoup ne manqueront pas de dénoncer de tels propos, notamment ceux qui ont connu les martyrs non-musulmans morts pour l'Algérie, à l'instar de Maurice Audin, Fernand Iveton, ou même des Moudjahidine comme Pierre et Claudine Chaulet et même Annie Steiner, décédée récemment à Alger.

« Les graines semées par la France commencent à germer et les oulémas musulmans algériens doivent y faire face et poursuivre le djihad national et théologique pour éradiquer ces résidus », a ajouté Ghlamallah, non sans ajouter que « l’islam et le nationalisme sont les deux faces d’une même pièce ».

Cette déclaration controversée, scandaleuse pour certains, a déjà fait réagir le journaliste et écrivain Kamel Daoud. « Rapporté par un journal, le message indirect de Ghoullamallah, le Président du Haut Conseil islamique, à Maurice Audin, Fernand Iveton et d’autres : "Il est impossible à l’Algérien d’être non musulman". Il propose l'éradication comme solution d'avenir », a, en effet, asséné le journaliste dans un tweet.

Il faut dire aussi que cette nouvelle sortie de l'ex-ministre des Affaires religieuses n'est pas pour plaire aux Algériens qui ont une autre religion que l'islam. Particulièrement les jeunes qui sont nés chrétiens. Pour eux, Bouabdellah Ghlamallah leur dénie carrément leur algérianité, leur nationalité algérienne.

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