Les législatives du 12 juin prochain en Algérie sont entachées par une nouvelle affaire qui risque de décrédibiliser davantage cette élection, marquée, il faut le dire, par une indifférence quasi générale chez les citoyens. En effet, un ressortissant de nationalité marocaine a trouvé « l’astuce » pour présenter sa candidature sur une liste dans la circonscription de Sidi Bel Abbès, alors que la loi l’interdit formellement.

Selon plusieurs sources médiatiques, ce ressortissant marocain résidant en Algérie a réussi à déposer son dossier en falsifiant un certificat de nationalité avec la complicité d’un greffier, avant que le pot aux roses ne soit découvert par les services de sécurité et l’affaire portée devant la justice. En effet, plusieurs sources ont affirmé, ce jeudi 20 mai, que le procureur de la République près le tribunal de Sidi Bel Abbès a ouvert, sur ordre du procureur général de la cour de Sidi Bel Abbès, une enquête sur une affaire de fraude impliquant un ressortissant marocain qui a déposé un dossier de candidature aux législatives du 12 juin prochain avec un faux certificat de nationalité algérienne.

Il a falsifié son certificat de nationalité avec la complicité d’un greffier

Les mêmes sources ont ajouté que l’enquête a abouti à l'arrestation d'un greffier du tribunal de Sidi Bel Abbès, qui a été reconnu responsable de la falsification de certificats de nationalité pour de nombreux ressortissants marocains résidant en Algérie en contrepartie de sommes d’argent. Le greffier en question a reconnu devant les enquêteurs avoir falsifié une vingtaine de certificats de nationalité pour des ressortissants marocains, dont le « candidat » aux prochaines législatives. Le mis en cause a avoué changer les noms originaux sur les certificats avant de porter de nouvelles identités en utilisant des techniques d’impression sophistiquées, selon les mêmes sources.

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L’enquête est toujours en cours avec le « faux candidat » et le greffier sur cette scandaleuse affaire de falsification de documents, qui constitue une première dans les annales politiques du pays, d’autant plus que ce genre d’affaires risque de porter atteinte à l’image des institutions, au vu de la place de l’Assemblée populaire nationale (APN) dans la hiérarchie de l’Etat. Sur le plan politique, ce scandale prouve encore une fois que les candidatures à la députation sont réduites, en Algérie, à une course aux privilèges, sans aucun scrupule ni éthique chez un nombre important de postulants.

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