L’Espagne va taxer 100% les logements achetés par les étrangers

L'Espagne se prépare à adopter une mesure inédite en Europe : une taxe pouvant atteindre 100 % sur les achats immobiliers effectués par des étrangers non-résidents hors de l'Union européenne. Cette initiative s'inscrit dans une série de réformes visant à combattre la crise du logement qui frappe durablement le pays.

Le marché immobilier espagnol est en proie à une tension croissante, avec une offre limitée de logements accessibles et des prix qui continuent de grimper. Selon les données du gouvernement, 27 000 biens immobiliers ont été acquis en 2023 par des acheteurs étrangers hors UE, une pratique souvent perçue comme spéculative.

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a dénoncé cette situation, affirmant que ces acquisitions ne répondent pas aux besoins résidentiels mais servent avant tout à générer des profits. « Nous ne pouvons plus permettre que des investissements étrangers aggravent une crise déjà insupportable pour les familles espagnoles », a-t-il déclaré lundi 13 janvier lors d’un forum économique à Madrid.

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Espagne : après la fin des visas dorés, une taxe de 100% sur les logements

La fiscalité, qui pourrait doubler le coût des transactions pour les investisseurs étrangers, vise à décourager ces pratiques spéculatives et à réorienter les logements disponibles vers les habitants. Cette taxe de 100% s'accompagne d'une autre décision importante : la suppression des visas dorés. Ce dispositif, en vigueur depuis plusieurs années, permettait aux étrangers investissant dans des biens immobiliers d'un montant supérieur à 500 000 euros d'obtenir un permis de résidence en Espagne.

Critiqués pour leur contribution à l'inflation des prix de l'immobilier et à l'accommodement des logements par des investisseurs fortunés, ces visas ont été accusés d'aggraver les inégalités sociales. Avec leur suppression, l'Espagne rejoint un mouvement initié par d'autres pays européens comme l'Irlande et le Portugal.

Un plan global pour lutter contre la crise du logement

Au-delà de ces mesures, le gouvernement espagnol a annoncé un plan global pour lutter contre la crise du logement. Celui-ci inclut la construction de logements sociaux pour augmenter l'offre de logements abordables et la réglementation stricte des plateformes de localisation comme Airbnb, accusées de réduire encore davantage l'accès des résidents aux logements disponibles.

Cette annonce d’une taxe de 100 % sur les logements achetés par les étrangers suscite toutefois des critiques et des interrogations. Certains experts redoutent une baisse de l'attractivité du marché espagnol pour les investisseurs étrangers, ce qui pourrait affecter les régions où l'économie repose largement sur le tourisme et l'immobilier, comme les Baléares ou la Costa del Sol. D'autres appellent à plus de précisions sur l'application de la taxe, notamment sur son uniformité ou son éventuelle modulation selon les régions.

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En supprimant les visas dorés et en instaurant une fiscalité exceptionnelle sur les logements, l'Espagne tourne le dos à des pratiques qui favorisaient les capitaux étrangers au détriment des habitants locaux. Ces réformes ambitieuses visent à prioriser l'accès des Espagnols au logement, dans un contexte où la spéculation et l'inflation des prix immobiliers ont exacerbé les inégalités. Leurs effets sur l’économie et la société seront surveillés de près.


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