À l'approche du mois de Ramadan, une nouvelle controverse émerge au marché marocain des fruits, touchant un produit incontournable de cette période : les dattes algériennes. Des commerçants marocains ont manifesté récemment pour dénoncer l'importation de ces fruits en provenance d'Algérie, appelant au boycott. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes entre les deux pays.
À Casablanca, capitale économique du Maroc, des commerçants marocains ont organisé une manifestation contre l’importation de dattes algériennes, appelant à leur boycott, rapporte samedi 18 janvier 2025, le média marocain Bladi. Dans l’un des marchés de cette ville, des manifestants scandaient : « Le peuple marocain ne veut pas de dattes algériennes ». Pour eux, il est crucial de soutenir la production locale face à la concurrence étrangère, notamment algérienne.
Cette mobilisation révèle une volonté de valoriser les dattes marocaines tout en rejetant celles du voisin algérien, considéré comme un rival dans plusieurs domaines. L'appel au boycott des dattes algériennes, réputées parmi les plus délicieuses au monde, ne repose pas uniquement sur des considérations politiques. Les commerçants et certains consommateurs marocains dénoncent également l'impact des importations sur le marché intérieur, où les fruits locaux peinent parfois à rivaliser en termes de prix.
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Le marché marocain des dattes sous tension
Les chiffres officiels montrent une augmentation notable des importations des dattes au Maroc. En 2024, plus de 132'000 tonnes ont été importées, soit une hausse de 23'000 tonnes par rapport à l'année 2023. Cette progression contraste avec une baisse de la consommation enregistrée par les commerçants, qui pointent du doigt les prix élevés comme facteur dissuasif.
Les variétés de dattes marocaines, comme la célèbre Mejhoul, affichent des tarifs oscillant entre 40 et 140 dirhams le kilo. La Boufeggous, une autre variété prisée, coûte entre 50 et 80 dirhams. Ces prix élevés, aggravés par l'inflation et les coûts logistiques, alimentent l'inquiétude des consommateurs à l'approche du Ramadan, où ce fruit est un aliment incontournable.
Dattes algériennes : une polémique récurrente au Maroc
L’appel au boycott des dattes algériennes dépasse largement les considérations commerciales. Elle illustre les difficultés pour le Maroc de réduire sa dépendance aux importations dans des secteurs stratégiques comme celui des denrées alimentaires. Malgré son potentiel agricole, le pays continue d'importer une partie importante de ses besoins en dattes, y compris en provenance de l’Algérie.
Ce n'est pas la première fois qu'un appel au boycott des dattes algériennes est lancé au Maroc. Lors des précédents mois de Ramadan, des campagnes similaires avaient vu le jour dans le pays, mêlant revendications politiques et enjeux économiques. Chaque année, ce fruit devient un symbole des tensions bilatérales, illustrant la complexité des relations entre Rabat et Alger.
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